Site icon

Chef-lieu de Mayotte : fin d’une situation ubuesque

Le chef-lieu de Mayotte est Mamoudzou…. point barre, me direz-vous. C’est clair comme de l’eau du lagon.

Sauf que… OUI… mais NON… mais OUI.

En effet, le décret n° 77-129 du 11 février 1977… publié au JO du 12 février 1977 (le même JO que celui qui institua l’ancêtre de la CADA !) avait une rédaction pour le moins originale puisqu’il fixait ce chef-lieu effectivement à Mamoudzou (écrit avec un « t » au lieu d’un « d ») mais avec un chef-lieu provisoirement fixé à Dzaoudzi le temps qu’un arrêté ministériel opère ce transfert. Voici un extrait dudit JO du 12 février 1977 :

 

Comme le dit ici Wikipedia :

« Mamoudzou est une localité qui se développe à partir des années 1860 pour seconder le chef-lieu Dzaoudzi, situé juste en face : auparavant, il ne s’agissait que d’un lieu-dit, au nom obscur (partagé avec une ville des Célèbes, en Indonésie).
« 
L’urbanisation a progressivement intégré d’anciens villages dont l’existence pour certains remonte à plusieurs siècles : il s’agit de Kaweni (xive siècle), Mtsapéré (fin xviiie siècle), Choa ou « pointe Mahabou », village fondé dans les années 1830 par les Sakalaves ayant accompagné Andriantsoly. Kaweni et Kavani ont accueilli, dans la seconde moitié du xixe siècle, deux plantations sucrières avec usines dont une partie des vestiges est encore visible.
« 
Mamoudzou n’est encore qu’une humble bourgade quand elle devient chef-lieu de facto de Mayotte en 1987 avec l’installation des bâtiments du conseil territorial et de la préfecture17 même si de jure le chef-lieu restait à cette date fixé à Dzaoudzi. […] »

 

 

Or, il faut rappeler que Dzaoudzi, certes en face de Mamoudzou, n’est pas contrairement à cette dernière sur l’île principale… il faut prendre une barge pour aller de l’une à l’autre de ces villes (voir ici).

De plus, la carte (Google) ci-dessous montre bien combien le foncier reste encore plus limité qu’ailleurs à Dzadouzi (laquelle en revanche s’avère proche de l’aéroport) :

 

Bref, un texte devait bien intervenir. Soit l’arrêté actant du transfert, prévu par le décret de 1977, soit un nouveau décret abrogeant et remplaçant celui de 1977. C’est cette seconde solution qui a été choisie avec la publication, au JO de ce matin, du décret n° 2023-819 du 24 août 2023 portant fixation du chef-lieu de Mayotte (NOR : IOMA2305422D) :

Ce décret comporte ainsi deux articles laconiques :
  • Le chef-lieu de Mayotte est fixé à Mamoudzou.

  • Le fixant le chef-lieu de la collectivité territoriale de Mayotte est abrogé.

     

 

 

 

Quitter la version mobile