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Cabinets de conseil : le Sénat campe sur ses positions (dur avec l’Etat ; doux avec les collectivités). Revenons sur ce débat… et détaillons ce qui est prévu et qui risque d’être lourd pour les consultants mais aussi pour les administrations et de dégager celles des PME ou entreprise de taille moyenne qui existent dans ce secteur

En matière de recours aux Cabinets de conseil, le Sénat campe sur ses positions (dur avec l’Etat ; doux avec les collectivités). Revenons sur ce débat… en 4 temps avant une conclusion un peu personnelle :

 


 

 

I. Derrière la polémique instrumentalisée, une réalité bien plus nuancée et des paramètres importants, opérationnels (notamment celui de la trop petite taille des cabinets ministériels), que l’on n’évoque guère, hélas 

 

Sur fond de polémiques, mais aussi de jeux politiques, fin 2021, tant l’Assemblée Nationale que le Sénat se sont penchés sur l’intervention des grands cabinets de conseil aux côtés des administrations étatiques. Voir notamment  :

 

Dire que les achats de prestations intellectuelles par le monde public ont pu donner lieu à quelques débats politiquement instrumentalisés et très, très largement déformés (et je sais vraiment de quoi je parle, nous sommes là au coeur de ma vie professionnelle)… relève de la litote :

 

II. Une mise au carré par nombre de textes  

 

Le Premier Ministre, le 19 janvier 2022, avait signé une circulaire 6329/SG en ce domaine que voici :

 

Un an après cette circulaire Castex, l’IGF a diffusé une étude en date du 19 janvier 2023, intitulée « Rénovation de l’encadrement du recours aux prestations intellectuelles des cabinets de conseil : Évaluation de la mise en oeuvre de la circulaire du Premier ministre n° 6329/SG du 19 janvier 2022 (rapport n° 2022-M-075-05 », que voici :

Etude application circulaire cabinets de conseils

En fait, le cas des études de type McKinsey, largement caricaturées pour mieux se payer la tête de l’exécutif, fait parfois office d’arbre cachant la forêt des autres prestations intellectuelles, celles en matière d’informatique n’étant pas des moindres… tout en étant presque toujours utiles et révélatrices de ce que l’administration pourrait parfois produire en interne… et, souvent, pas (non pas pour des raisons techniques mais souvent pour des raisons de personnel, de pilotage, etc.).

C’est donc dans ce domaine, certes moins exposé médiatiquement que les conseils en organisation ou en stratégie, mais tout à fait conséquent en termes de volume et de sensibilité, des prestations informatiques, qu’a été diffusée ensuite en 2023 une autre et importante circulaire de la Première Ministre :

 

Avec un pilotage ad hoc, une recherche d’internalisation, un futur plan d’action, un suivi particulier… à lire point par point.

 

Sa lecture, rapide et claire, s’impose au moins pour les acteurs de ce secteur en administration centrale. En voici les principales préconisations :

 

III. Comparons les solutions prônées par les uns et les autres en 2022  

 

En 2022, d’un point de vue opérationnel, j’avais comparé les solutions du

 

J’avais, alors, fait un rapide comparatif des solutions de chacun, que voici en pdf :

 

… ou au format image :

 

IV. La proposition de loi, ou l’amusant ping-pong. Le Sénat veut un texte doux pour les collectivités et dur pour l’Etat. En riposte l’A.N. veut une extension de ce régime aux collectivités, pour mieux prendre le Sénat au mot et le pousser dans les cordes. C’est joueur.

 

Une proposition de loi a ensuite été votée au Sénat, à l’unanimité.

Voir; pour cette « Proposition de loi encadrant l’intervention des cabinets de conseil privés dans les politiques publiques » :

 

IV.A. Survol du texte voté en première lecture au Sénat

 

De cette première lecture au Sénat, retenons :

 

IV.B. Survol du texte voté en première lecture à l’Assemblée Nationale

 

L’Assemblée Nationale :

Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16t0236_texte-adopte-provisoire.pdf

 

IV.C. Survol du texte voté en seconde lecture au Sénat

 

Le 28 mai 2024, le Sénat a donc adopté en seconde lecture cette proposition de loi avec les points suivants pour ne retenir que les traits saillants :

Source : https://www.senat.fr/leg/tas23-137.html

 

 

Conclusion :  espérons que l’on finira par avoir un texte équilibré. Pour l’instant, on risque d’avoir surtout un texte si lourd que seuls les très grands cabinets de conseil pourront continuer à oeuvrer en ce domaine, au prix de plus de charges administratives qu’il faudra refacturer. Si le but est de chasser les PME (et donc la concurrence) de ce marché et d’alourdir la facture pour le client qu’est l’administration… allez-y, continuez ainsi.   

 

 

 

 

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