Site icon

Faut-il mentionner dans un arrêté de cessibilité unique toutes les parcelles à exproprier ? [suite et fin]

Faut-il mentionner dans un arrêté de cessibilité unique toutes les parcelles à exproprier ? Réponse NON, vient de poser le Conseil d’Etat. Des arrêtés de cessibilité peuvent dès lors être pris successivement (ce que l’on savait) même s’il s’agit du même propriétaire (ce qui n’était pas exactement ce qu’avait posé une CAA par exemple). Encore faut-il,  vient de préciser la Haute Assemblée, que  l’expropriation de nouvelles parcelles se révèle nécessaire pour la réalisation de l’opération déclarée d’utilité publique.
De fait, aucune disposition n’exige un arrêté de cessibilité unique pour tous les terrains d’une même opération déclarée d’utilité publique.
A cette question simple, la CAA de Bordeaux avait apporté une réponse complexe  mais logique en posant que la réponse à cette question était :
Cette CAA avait ainsi posé que les dispositions de l’article L. 132-1 du code de l’expropriation devaient s’entendre comme :
Source : CAA Bordeaux, 28 juin 2019, 17BX02947
Sauf que le Conseil d’Etat vient d’affiner ce mode d’emploi de manière encore plus libérale pour l’administration, en posant que :
Ni l’article L. 132-1 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique, ni aucune autre disposition législative ou règlementaire n’impose que l’ensemble des immeubles à exproprier pour la réalisation d’un projet déclaré d’utilité publique fasse l’objet d’un unique arrêté de cessibilité. Des arrêtés de cessibilité peuvent dès lors être pris successivement si l’expropriation de nouvelles parcelles se révèle nécessaire pour la réalisation de l’opération déclarée d’utilité publique. La circonstance que des parcelles faisant l’objet de ces arrêtés successifs appartiennent à un même propriétaire est à cet égard sans incidence.
Des arrêtés de cessibilité peuvent dès lors être pris successivement (ce que l’on savait) même s’il s’agit du même propriétaire (ce qui est nouveau).
Encore faut-il,  vient de préciser la Haute Assemblée, que  l’expropriation de nouvelles parcelles se révèle nécessaire pour la réalisation de l’opération déclarée d’utilité publique, ce qui ouvre la porte à un contrôle sur ce point précis. 
Source :

Conseil d’État, 25 janvier 2023, n° 458930, aux tables du recueil Lebon

Voir les conclusions du rapporteur public M. Philippe RANQUET :

Quitter la version mobile