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 mĂȘme si 👹 ⊂ 🐒
 En rĂ©sumĂ© : đŸ€Ł

Voici une Ă©quation : (đŸ‘đŸŒđŸ’ ↛ €)
.

Ou, autrement formulé : vouloir aider les animaux
 est-ce encore de la philanthropie ?

Inversement, refuser cette qualification (aider les animaux ≠ philanthropie), comme vient de le faire le Conseil d’Etat, est-ce du « spĂ©cisme » (đŸ€Ł) ? Et, le spĂ©cisme, est-ce
 mal ? 

En tous cas, la Haute Assemblée vient de poser que :


 mais peut-ĂȘtre prĂ©fĂ©rez vous lire ce qui suit de maniĂšre un brin moins (faussement) mathĂ©matique ? Allez, on s’y essaie. 

 


 

Voici les paramĂštres d’une Ă©quation Ă  plusieurs inconnues, mais avec une rĂ©ponse, et une seule, dĂ©sormais fournie par le Conseil d’Etat.

Petits rappels mathématiques liminaires :

 

Alors on y va :

1/ on est d’accord que nous autres humains sommes des animaux ? Donc :

2/ il y a des déductions fiscales pour qui aide « autrui ». Alors on a :

3/ est-ce que l’on peut en dĂ©duire que :

 

Car oui le Conseil d’Etat vient de poser que :

 


 

C’est encore trop mathĂ©matique ? Ou alors mes fausses mathĂ©matiques irritent le vrai scientifique que vous ĂȘtes qui se gausse (oui je sais cela devient potache) de mes errements ?

Alors voici la mĂȘme chose en n’usurpant plus le titre de mathĂ©maticien, mais, de maniĂšre toute aussi outrĂ©e, celui de juriste :

  1. le b) du 1. de l’article 200 du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts (CGI), accorde de gĂ©nĂ©reuses dĂ©ductibilitĂ©s fiscales pour les dons aux :
    « oeuvres ou d’organismes d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ayant un caractĂšre philanthropique, Ă©ducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant Ă  la mise en valeur du patrimoine artistique, notamment Ă  travers les souscriptions ouvertes pour financer l’achat d’objets ou d’oeuvres d’art destinĂ©s Ă  rejoindre les collections d’un musĂ©e de France accessibles au public, Ă  la dĂ©fense de l’environnement naturel ou Ă  la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises ; »
  2. au nombre de ces oeuvres chanceuses se trouvent celle ayant un caractÚre « philanthropique »
  3. Selon le dictionnaire de l’AcadĂ©mie française (voir ici), la philanthropie est ainsi dĂ©finie : « Amour de l’humanitĂ©. DĂ©signe couramment le caractĂšre, l’attitude de celui ou celle qui s’attache, par ses actes, Ă  amĂ©liorer la condition de ses semblables. »
    Le Larousse est plus neutre en posant que ce mot correspond au « Sentiment qui pousse les hommes Ă  venir en aide aux autres ; amour de l’humanitĂ©.» Cette formulation est, surtout, plus elliptique (le « autres », ce sont bien les autres « hommes » et non pas plus largement les autres ĂȘtres vivants ?)
  4. donc :
    1. se vouer Ă  d’autres ĂȘtres humains permettra d’entrer dans cette dĂ©finition

    2. se vouer en partie, en petite partie seulement, Ă  d’autres ĂȘtres humains, ne permettra d’entrer dans cette dĂ©finition que si le juge, bon Prince, accepte que l’aide aux autres animaux que l’espĂšce humaine ne soit pas dominante
    3. ne se vouer en rĂ©alitĂ© qu’aux animaux ne permet d’entrer dans le cadre de cet article 200, 1., b), du CGI que :
      1. SOIT si on a une vision large du mot « philanthropie » comme Ă©tant le regard vers autrui, autrui pouvant ĂȘtre un animal et non un humain
      2. SOIT (mais cela va dans le mĂȘme sens) si on estime que l’espĂšce humaine ne peut en rĂ©alitĂ© ĂȘtre distinguĂ©e des autres animaux. Mais l’antispĂ©cisme militant n’est pas, sinon de ce monde, au moins de notre droit.

 

En l’espĂšce, la « Ligue française contre la vivisection et l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal et pour leur remplacement par les mĂ©thodes substitutives  » (LFCV) rĂ©clamait d’ĂȘtre insĂ©rĂ©e dans la catĂ©gorie des associations d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral au sens et pour l’application du b) du 1 de l’article 200 du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts, prĂ©citĂ©, auquel renvoie l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901.

Avec deux arguments :

NB : s’y ajoutaient des arguments sur l’utilitĂ© des animaux pour les humains (lĂ  cela devient techniquement Ă©loignĂ© de la vivisection) et sur la nature et la biodiversitĂ©, lesquels lĂ  encore sont Ă©loignĂ©s de la vivisection. 

Bref, on retrouve les deux branches d’argumentation susmentionnĂ©es avec mes caricatures de mathĂ©matiques :

 

La CAA de Paris avait fait droit Ă  la demande de cette association
 non pas en raison de son action sur les ĂȘtres humains, car il ne faut quand mĂȘme pas exagĂ©rer : sauf erreur de ma part, la vivisection appliquĂ©e par contrainte aux ĂȘtres humains en France n’est fort heureusement pas un flĂ©au rĂ©pandu.

Mais la CAA a accepté une version large, quasiment antispéciste, de la philanthropie, et ce en ces termes :

« 3. Les statuts de la Ligue française contre la vivisection et l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal et pour leur remplacement par des mĂ©thodes substitutives, adoptĂ©s par rĂ©solution du
9 novembre 1996, stipulent que l’association a pour buts  » l’abolition de toutes, expĂ©rimentations, vivisections et autres pratiques expĂ©rimentales exercĂ©es sur l’homme et sur l’animal qui provoquent, de façon directe ou indirecte, des lĂ©sions, des douleurs, des altĂ©rations physiques ou psychiques ou tout autre effet secondaire ; la lutte contre tout commerce, tout Ă©levage d’animaux destinĂ©s Ă  l’expĂ©rimentation et Ă  la dissection ainsi que contre tout commerce d’organes ou d’embryons humains ou animaux ; la dĂ©fense et la protection des animaux. La LFCV encourage le dĂ©veloppement de la recherche scientifique visant Ă  dĂ©velopper des mĂ©thodes de recherche substitutive permettant l’abandon de l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal. Elle Ɠuvre en outre pour l’homologation de ces mĂ©thodes par les textes lĂ©gislatifs et rĂ©glementaires. « .
« 
4. Il ressort des piĂšces du dossier que les moyens d’action de l’association requĂ©rante consistent en des campagnes de sensibilisation du public, le soutien Ă  d’autres associations scientifiques, et l’entretien d’un gite pour animaux. Ainsi que le soutient en appel la Ligue française contre la vivisection et l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal et pour leur remplacement par des mĂ©thodes substitutives, et comme elle l’a exposĂ© dans sa demande Ă  l’administration, ses actions et les moyens qu’elles mettent en Ɠuvre, dont il ne ressort pas des piĂšces du dossier et dont il n’est pas soutenu par le ministre, qu’ils seraient de nature Ă  porter atteinte Ă  l’ordre public, prĂ©sentent de par leur objet qui est de mettre fin aux souffrances rĂ©sultant des expĂ©rimentations menĂ©es sur les animaux, en sensibilisant le public Ă  ces souffrances et en encourageant la recherche scientifique Ă  dĂ©velopper des mĂ©thodes de recherches substitutives permettant l’abandon de l’expĂ©rimentation sur l’animal, un caractĂšre  » philanthropique  » et d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral au sens et pour l’application du b) du 1 de l’article 200 du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts auquel renvoie l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901. DĂšs lors, le prĂ©fet de la rĂ©gion Île-de-France, prĂ©fet de Paris a commis une erreur d’apprĂ©ciation en s’opposant, par sa dĂ©cision du 29 octobre 2019, Ă  la reconnaissance de l’association requĂ©rante dans la catĂ©gorie des associations d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral au sens de l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901.
« 
5. Il rĂ©sulte de tout ce qui prĂ©cĂšde que la Ligue française contre la vivisection et l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal et pour leur remplacement par des mĂ©thodes substitutives est fondĂ©e Ă  soutenir que c’est Ă  tort que le tribunal administratif a, par le jugement attaquĂ©, rejetĂ© sa demande tendant Ă  l’annulation de la dĂ©cision susmentionnĂ©es du prĂ©fet de la rĂ©gion Île-de-France, prĂ©fet de Paris en date du 29 octobre 2019, et Ă  demander Ă  la Cour de prononcer l’annulation de ce jugement et de cette dĂ©cision. »
Source : CAA de PARIS, 1Ăšre chambre, 23/06/2022, 21PA00425

 

Bref pour la CAA :

 

 

Le sang n’a fait qu’un tour dans les corps de ces membres du Conseil d’Etat qui, pour augustes qu’ils sont, n’en demeure pas moins celui d’animaux comme vous et moi. Ou d’humains. On ne sait plus.

Et le Conseil d’Etat de revenir aux dĂ©finitions de base et que je me permets de rappeler :

 

Donc, pour le Conseil d’Etat qui, Ă  dĂ©faut (pour cause de principe de laĂŻcitĂ©) faute de remettre l’église au milieu du village, remet l’humain au milieu du vivant ou, Ă  tout le moins, au milieu de la notion de « philanthropie » :

 

Ou plus simplement :

 

 

Ou, encore plus simplement :

«3. Pour annuler la dĂ©cision du prĂ©fet de Paris, la cour administrative d’appel a retenu que les moyens et actions de l’association  » Ligue française contre la vivisection et l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal et pour leur remplacement par les mĂ©thodes substitutives  » prĂ©sentent un caractĂšre philanthropique au sens et pour l’application du b) du 1 de l’article 200 du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts auquel renvoie l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901.

« 4. Il ressort toutefois des piĂšces du dossier soumis aux juges du fond, ainsi que l’a relevĂ© la cour administrative d’appel elle-mĂȘme, que l’activitĂ© de l’association, qui dĂ©coule de ses statuts et qui se reflĂšte notamment dans ses publications, est, en pratique, alors mĂȘme qu’elle se prĂ©vaut d’une inspiration humaniste, principalement, voire exclusivement, consacrĂ©e Ă  la protection animale et tout particuliĂšrement Ă  la lutte contre la vivisection animale. Par suite, en jugeant que l’association avait un objet Ă  caractĂšre philanthropique alors qu’elle a pour seul objet la protection animale, la cour administrative d’appel de Paris a, en l’état de la lĂ©gislation applicable, inexactement qualifiĂ© les faits de l’espĂšce. Le ministre de l’intĂ©rieur et des outre-mer est, par suite, fondĂ© Ă  demander l’annulation de l’arrĂȘt qu’il attaque.»

Avec le futur résumé des tables que voici :

« Une association ayant pour seul objet la protection animale ne peut, en l’état de la lĂ©gislation applicable, ĂȘtre regardĂ©e comme ayant un objet Ă  caractĂšre philanthropique. L’activitĂ© de l’association « Ligue française contre la vivisection et l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal et pour leur remplacement par les mĂ©thodes substitutives » (LFCV), qui dĂ©coule de ses statuts et qui se reflĂšte notamment dans ses publications, est, en pratique, alors mĂȘme qu’elle se prĂ©vaut d’une inspiration humaniste, principalement, voire exclusivement, consacrĂ©e Ă  la protection animale et tout particuliĂšrement Ă  la lutte contre la vivisection animale.»

Soit :

((đŸ‘đŸŒ(🐒-👹)) ↛ €

Ou, en encore plus résumé :

đŸ€Ł

CQFD.

Source :

Conseil d’État, 31 mai 2024, Association Ligue française contre la vivisection et l’expĂ©rimentation sur l’homme et l’animal et pour leur remplacement par des mĂ©thodes substitutives, n° 466731, aux tables du recueil Lebon

Voir aussi les conclusions de M. Laurent DOMINGO, rapporteur public :

 

 

L’homme perdu dans la nature ; allĂ©gorie Justice ; Guerre ; pan de mur d’une salle du Conseil d’Etat ; Palais Royal ; photo coll. pers. EL mai 2024
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