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Est-ce que le non-paiement de la prime d’un contrat d’assurance justifie sa résiliation ?

Oui répond le Conseil d’Etat !

Voyons cela au fil d’une vidéo, d’un dessin et d’un article, avant que d’aborder l’arrêt lui-même, et ce avec Evangelia Karamitrou. 

 

I. VIDEO (4 mn 31)

 

https://youtu.be/K8a_j-wId_I

 

II. DESSIN

 

III. ARTICLE

 

Par une récente décision – portant sur un litige opposant une commune à son assureur – le juge rappelle avec fermeté un principe fondamental, parfois sous-estimé dans la gestion des contrats d’assurance : le paiement de la prime est essentiel pour l’existence même et la poursuite du contrat.

L’affaire illustre en effet les risques majeurs auxquels une personne publique s’expose lorsqu’elle laisse se constituer des arriérés de cotisations. Elle confirme également l’impossibilité juridique de mobiliser le référé-mesures utiles pour imposer la poursuite d’un contrat d’assurance régulièrement résilié.

L’exécution financière du contrat d’assurance : une obligation impérative pour l’acheteur public

Dans l’affaire commentée, la commune avait omis de régler une part de sa prime annuelle pour 2024, malgré une mise en demeure envoyée conformément aux articles L. 113-3 et R. 113-1 du code des assurances.

Ces dispositions fixent un enchaînement particulièrement strict en cas du non-paiement de la prime ou d’une fraction de celle-ci :

En l’espèce, le Conseil d’État constate que la procédure légale a été intégralement respectée par l’assureur et que la commune n’a pas réglé les sommes dues. Dès lors, la résiliation produisait pleinement ses effets.

L’impossibilité d’obtenir du juge des référés la « reprise » d’un contrat éteint

Pour tenter de maintenir sa couverture jusqu’à la passation d’un nouveau marché d’assurance, la commune sollicitait, sur le fondement de l’article L. 521-3 CJA (référé mesures-utiles), la reprise et la poursuite de l’exécution des obligations contractuelles de l’assureur au-delà du 9 novembre 2024 (date de la résiliation du contrat), pendant une durée nécessaire au déroulement de la procédure de passation d’un nouveau marché public d’assurances.

Le Conseil d’État oppose un refus catégorique !

En effet, le référé-mesures utiles permet, en cas d’urgence, d’ordonner des mesures conservatoires ou de sauvegarde, mais à la condition qu’elles se rattachent à une situation juridique existante. Il ne peut en aucun cas rétablir une relation contractuelle éteinte ou contraindre une personne privée à fournir une prestation dépourvue de fondement contractuel.

Or, en l’espèce, la résiliation était acquise et régulière. Le juge ne pouvait donc ordonner la poursuite d’un contrat qui n’existait plus.

Les enseignements pratiques pour les acheteurs publics : vigilance, anticipation et maîtrise financière

Cette décision présente plusieurs implications majeures pour les gestionnaires publics de marchés d’assurance.

 

 

 

IV. ARRET

 

CE, 24 novembre 2025, commune de Tsingoni, req. n° 504129

 

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