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Responsabilité de l’Etat et d’EDF : quand l’exploitation, notamment hydroélectrique, d’un canal conduit à des désordres écologiques en aval…

Le tribunal administratif de Marseille, saisi par l’association l’Etang nouveau, a jugé que l’Etat et EDF engagent leur responsabilité à raison de l’atteinte portée par le fonctionnement du canal qui relie Serre-Ponçon à l’étang de Berre, géré par EDF, par les rejets d’eau douce dans ce milieu.

Ce TA enjoint à EDF et à l’Etat de tirer les conséquences de l’expérimentation des nouvelles modalités de fonctionnement des centrales de Salon-de-Provence et Saint-Chamas, validées par le ministre de l’économie.

L’affaire est complexe avec :

Ensuite, le tribunal rappelle la très grave crise de 2018 ayant affecté plus de 90 % de l’écosystème de l’étang de Berre touché par la disparition partielle des herbiers ainsi que la mortalité quasi complète de coquillages et invertébrés. A la suite de cette situation et à l’issue d’une médiation pénale sous l’égide du procureur de la République de Marseille, afin de restaurer la biodiversité de l’étang, le groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre créé en 2006 et EDF ont signé un protocole d’accord afin de mettre en œuvre, à titre expérimental, pour une durée de 4 ans, une gestion saisonnalisée des rejets d’eau douce grâce à la réduction du volume des turbinages, voire leur interdiction totale, selon un calendrier précis et en fonction de la salinité de l’eau. Ces modalités d’expérimentation ont conduit, en 2024, le ministre de l’économie à modifier le cahier des charges et le règlement d’eau de la concession hydroélectrique de Salon-de-Provence Saint-Chamas confiée à EDF.

Saisi d’une demande de l’association de remettre en état l’écosystème, le tribunal estime que les modalités ainsi arrêtées dans le règlement eau paraissent, en l’état du dossier, de nature à mettre fin au préjudice écologique. Néanmoins, il enjoint à EDF et à l’Etat d’évaluer les conséquences des modifications apportées au fonctionnement des centrales sur l’état écologique de l’étang de Berre au terme de la période d’expérimentation, soit en prolongeant celle-ci, soit en pérennisant les nouvelles modalités de rejet, soit, en l’absence d’amélioration notable, en les modifiant en vue de permettre une réduction effective des phénomènes d’eutrophisation et d’anoxie provoqués par les rejets d’eau douce du canal EDF de la Durance.

Compte tenu de la contribution significative des centrales de Salon-de-Provence et de Saint-Chamas notamment dans l’approvisionnement électrique de la France, les demandes présentées par l’association l’Etang nouveau de cesser tout rejet d’eau douce dans l’étang ou de construire des bassins de délimonage ne constituent pas des mesures raisonnables et sont rejetées.

Enfin, l’association qui n’établit pas l’atteinte portée aux intérêts qu’elle défend, voit sa demande d’indemnité sur le fondement de la faute de l’Etat également rejetée.

 

Source : 

TA Marseille, 12 mars 2026, ASSOCIATION L’ETANG NOUVEAU, n° 2304099

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