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Résiliation anticipée d’une COT constitutive de droits réels : quel préjudice indemnisable ? [VIDEO et article]

Résiliation anticipée d’une COT constitutive de droits réels : quel préjudice indemnisable ? Voyons la réponse avec un arrêt, une vidéo et un article, à chaque fois avec Me Evangelia Karamitrou.


I. ARRET

CE, 16 février 2026,  VNF, n° 493569

II. VIDEO (4 mn 09)

https://youtu.be/z1LTbi8IOK8

III. ARTICLE

 

La décision rendue par le Conseil d’État le 16 février 2026 apporte des précisions utiles aux personnes publics sur l’indemnisation du titulaire d’une convention d’occupation du domaine public (COT) résiliée pour motif d’intérêt général.

L’étendue des préjudices indemnisables en cas de résiliation anticipée

Le Conseil d’État rappelle d’abord le cadre classique issu de l’article L. 2122-9 du CGPPP : le titulaire d’une COT résiliée sans faute a droit à la réparation du préjudice direct, matériel et certain résultant de l’éviction.

Dans cette affaire, plusieurs chefs de préjudice sont admis :

Ainsi,  les personnes publics doivent anticiper une indemnisation potentiellement significative, incluant non seulement les investissements, mais aussi les conséquences économiques concrètes de la résiliation sur l’activité du titulaire.

Une exigence renforcée du lien de causalité excluant certains coûts “inévitables”

La décision apporte en contrepoint une clarification essentielle : tous les coûts liés à la fin anticipée de la convention ne sont pas nécessairement indemnisables.

Le Conseil d’État valide ainsi le refus d’indemniser les frais de déménagement et de réinstallation (travaux, transfert informatique, communication, etc.), dès lors qu’ils auraient été exposés à l’échéance normale du contrat. En effet, en l’absence de démonstration d’un surcoût imputable à l’anticipation de la résiliation, ces dépenses sont considérées comme dépourvues de lien direct avec la décision de résiliation.

Cette solution repose sur une distinction structurante :

Enfin, le Conseil d’État sanctionne une dénaturation des pièces par la cour administrative d’appel s’agissant de justificatifs produits, rappelant l’importance de l’examen rigoureux des éléments comptables.

Les personnes publics disposent ici d’un levier de sécurisation : contester utilement les demandes indemnitaires en démontrant que certains coûts auraient été exposés en tout état de cause à l’échéance du titre.

Enseignements pour les personnes publiques :

Cette décision invite les personnes publiques à :

Elle confirme, en définitive, une approche équilibrée : protectrice des droits du titulaire, mais exigeante quant à la preuve du lien de causalité et des justificatifs produits par l’occupant.

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