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Vifs débats sur le futur décret relatif à la protection des captages d’eau

Le Gouvernement est au coeur d’une équation impossible et sa manière de tenter de concilier les contraires ne fait qu’attiser les tensions de toutes sortes en matière d’eau potable.

Les contradictions ont commencé à devenir intenables avec les mesures qui en réalité facilitent la vie des irriguants en matière de captages et de gestion de la ressource en eau, notamment avec la nouvelle loi loi n° 2026-796 du 18 août 2026 …

Voir :

 

Mais en même temps on veut lutter contre les polluants. Et améliorer la protection des captages. Sans mieux, toutefois, financer les services des eaux et sans trop armer l’OFB en matière de lutte contre les très nombreux captages irréguliers.  Et sans pouvoir être financièrement ambitieux, quant aux seuils permettant d’identifier les captages prioritaires, sur lesquels l’Etat a vocation à intervenir.

Dans ce cadre, l’Etat se noie littéralement entre des objectifs qu’il proclame et son absence de moyens financiers à mettre en face de ces objectifs. Entre son soutien aux autres usages de l’eau et le fait qu’il n’aide pas ou peu les services d »alimentation en eau potable, confrontés, côté eau, aux polluants, et, côté assainissement, aux défis redoutables de la DERU2 (voir ici).

Le débat depuis septembre 2026 se cristallise autour du décret d’application de l’article 29 de la loi du 18 août 2026. Celui-ci doit répartir les captages en trois catégories (on ne parlerait plus de « captages sensibles ») :

 

A priori on avait là une concession faite à l’eau potable et à l’environnement en compensation d’autres mesures dans cette loi.

Le Ministère de l’agriculture se faisait même enthousiaste dans sa prose qu’il est bon de citer à ce stade :

« « La loi clarifie les actions pouvant être mises en œuvre autour des captages d’eau, et le rôle des collectivités gestionnaire et de l’Etat dans leur préservation. En particulier et pour la première fois, pour les captages les plus dégradés, elle rend obligatoire la fixation d’un programme d’actions par l’État qui encadre les pratiques agricoles et l’utilisation d’intrants en vue de déboucher sur des pratiques agricoles plus favorables à la préservation de la ressource.» 

 

Sauf qu’en septembre les premiers jets des textes réglementaires à adopter à cette occasion avaient beaucoup, beaucoup, déçu.

Voir :

 

Les moutures diffusées la semaine passée n’étaient guère plus encourageantes, conduisant à une lettre ouverte au Premier Ministre des principales associations d’élus, en date du 5 octobre 2026, très vive, et que voici :

 

Les seuils ont changé entre deux versions :

Version du 18 septembre Version d’octobre
Seuil « prioritaire » 100 % de la norme 90 %, sur au moins deux prélèvements
Seuil pour les pesticides autorisés entre 10 % et 40 %, en discussion 30 %
Nombre de captages prioritaires 1 900 à 2 300 environ 1 400 captages (près de 2 000 points de prélèvement)

 

Au sein du Groupe national captages une nouvelle réunion est prévue ce lundi 12 octobre , avant une consultation publique et une publication envisagées d’ici la fin de l’année.

 

Ce qui cristallise le débat :

 

Les associations d’élus reprochent :

Elles demandent :

Chiffres avancés par les opposants :

Le monde agricole est également vent debout (demande de compensation pour les agricultures situés en zone de captage ; sortie des discussions au sein du groupe national captages pour la FNSEA…).

Le gouvernement met en avant un ciblage des captages les plus dégradés et la concentration des mesures préfectorales dans les zones où elles seraient les plus efficaces. Les collectivités, les gestionnaires d’eau et des associations de consommateurs et d’environnement défendent une intervention plus précoce et plus large : attendre que la contamination approche les normes, disent-ils, risque de faire basculer la politique de la prévention vers le traitement coûteux de l’eau. Ils contestent aussi le transfert de charges vers les usagers et l’exclusion des pollutions dues à des molécules interdites.

Au total, le désaccord porte à la fois sur le niveau de protection — quels captages seront prioritaires — et sur la répartition des responsabilités et du financement.

 

Voir :

 

 

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