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La levée des impôts locaux par l’Etat : fiable mais rigide et peu efficace, selon la Cour des comptes

La fiscalité directe locale (taxes foncières, taxe d’habitation, cotisation foncière des entreprises, contribution sur la valeur ajoutée des entreprises, impositions forfaitaires sur les entreprises de réseau) est collectée par la direction générale des finances publiques (DGFiP).

Mais cette prestation n’est pas gratuite.

L’Etat, en tant que prestataire obligatoire, est-il efficace ? diligent ?

La Cour des comptes vient de rendre un rapport spécifique à cette question, que voici en téléchargement :

20170201-rapport-gestion-fiscalite-directe-locale-dgfip

 

 

La Cour des comptes constate que ces opérations sont complexes :

« La désignation et la valorisation des locaux taxables souffrent de lacunes et surtout de retards dans leur actualisation. Ceux-ci proviennent des dysfonctionnements des services de la publicité foncière, de défaillances déclaratives et de traitements imparfaits. La révision générale des valeurs locatives cadastrales, dont l’entrée en vigueur peut être considérée comme acquise pour les locaux professionnels et commerciaux mais demeure plus incertaine pour les locaux d’habitation, emportera des incidences positives mais ne résoudra pas tous les problèmes et ne dispensera pas d’une tenue à jour régulière. Sa mise en oeuvre pourrait même susciter des complications supplémentaires, au moins durant une phase transitoire vraisemblablement assez longue. L’identification des occupants pour l’imposition à la TH rencontre également des difficultés notables »

 

« À l’autre bout de la chaîne, les résultats du recouvrement des impôts locaux sont les plus mauvais parmi ceux enregistrés pour les impôts directs. Il donne lieu à un contentieux important, lié en grande partie aux difficultés d’établissement de l’impôt, en raison notamment des mutations et des changements d’occupants. Si la faiblesse du rendement s’explique partiellement par des raisons socio-économiques, elle tient aussi au fait que le recouvrement forcé n’est pas une priorité pour la DGFiP compte tenu de la dispersion des dossiers et de la faiblesse des sommes considérées. Compte tenu de la garantie qu’il apporte aux collectivités locales, le manque à gagner induit est supporté par l’État. »

« Les outils informatiques de la DGFiP se caractérisent plus par leur fiabilité que par leur souplesse. Les applications actuelles comportent de nombreuses contraintes : obligation de porter des modifications de façon séquentielle et non continue, automatisation encore partielle des connexions entre les bases de données et les logiciels de traitement tout au long de la chaine de taxation, absence de liaisons informatiques avec des sources extérieures. Le développement de l’interopérabilité et des possibilités d’échanges automatisés et en temps réel doit permettre de tenir à jour plus facilement et plus exactement les données tout en réduisant les temps de traitement imposés aux agents. »

« Les collectivités locales redoutent que les imperfections et retards éventuels dans l’actualisation des bases n’amoindrissent leurs ressources. À cet égard, elles estiment souvent mieux connaître la réalité du terrain que l’administration, notamment grâce aux moyens dont elles se sont dotées, et regrettent que certains de leurs signalements ne soient pas pris en compte, de manière effective et dans un délai raisonnable. Même si certaines de leurs doléances découlent de malentendus, d’autres sont fondées. 

« La DGFiP ne mésestime pas la nécessité du dialogue avec les collectivités et a pris des initiatives en ce sens, notamment en concluant en 2014 une convention nationale avec leurs associations. Toutefois, ce dialogue gagnerait à être davantage structuré et systématisé, et surtout évalué, d’autant qu’il parait d’intensité et de qualité inégales d’une DDFiP à l’autre. Il appartient à la DGFiP de veiller plus particulièrement à améliorer les modalités de traitement des signalements faits par les collectivités et à développer l’information qui leur est fournie. »

 

Tout ceci est-il rentable pou l’Etat ? NON car l’Etat reçoit 1MdS € des collectivités pour une mission qui lui coûte quatre fois plus selon la Cour des comptes… La DGFiP y consacre environ 14 % de ses effectifs et 17 % de ses crédits budgétaires et en :

« définitive, ce sont donc près de 3 Md€ qui restent à la charge de l’État au titre de la gestion de la fiscalité directe locale ».

Tout ça pour ça…

Bonne lecture de ce rapport assez stimulant.

 

 

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