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Le Palais Royal s’essaie à quelques plaisirs défendus

Mise à jour au 10/1/2023 voir :

TA et CAA pourront, eux aussi, goûter aux plaisirs défendus de l’oralité au stade de l’instruction 

 

En sus de quelques autres réformes mineures de sa procédure, le Conseil d’Etat expérimente, avec audace, deux plaisirs autrefois défendus au stade de l’instruction : l’oralité ; des phases préliminaires étendues. 

 

Au JO de ce matin se trouve un plaisir rare : celui de voir la vieille et noble maison qu’est le Conseil d’Etat découvrir — pour une durée expérimentale de 18 mois —  les plaisirs autrefois défendus dans les échanges avec les parties :

 

Le tout se matérialise par le décret n° 2020-1404 du 18 novembre 2020 portant expérimentation au Conseil d’Etat des procédures d’instruction orale et d’audience d’instruction et modifiant le code de justice administrative (NOR : JUSC2025559D), que voici :

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/11/18/JUSC2025559D/jo/texte

Ainsi pendant 18 mois, le Conseil d’Etat, à titre expérimental pourra laisser libre :

 

De plus, les avocats au Conseil d’Etat seront désormais invités à présenter des observations orales après le prononcé des conclusions du rapporteur public, et non plus avant (ce qui met la Haute Assemblée au même niveau — horresco referens — que les TA et les CAA et, surtout, en conformité avec les exigences de la CEDH pour schématiser un sujet complexe).

Il prévoit enfin que les jugements sont prononcés par une mise à disposition au greffe et non plus par une lecture en audience publique.

 

Tout ce qui ravive la flamme des passions contentieuses est bon à prendre. Et que le Conseil d’Etat s’ouvre à ce stade un peu plus au débat contradictoire, à l’échange, est louable. Et, même, certains échanges pourront avoir lieu, donc, avec les parties ou avec les manants qui plaident à la Cour ! De tels plaisirs plébéiens seront à la libre guise des magistrats juges du Palais Royal, mais quand on connaît les dérives juridiciarisantes en plaidoirie de certains avocats à la Cour, légitimement fort mal reçues en juridictions administratives, on ne peut que les comprendre…

 

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