Site icon

Pesticides : l’Etat tente de mettre fin à un débat empoisonné

Protection des personnes lors de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à proximité des zones d’habitation : par un nouveau décret et un arrêté, l’Etat tente de mettre un point final à une longue saga juridique .

 

En matière de pesticides, plusieurs décisions importantes ont été rendues par les juridictions du Palais Royal :

 

Voir à tous ces sujets :

 

On le voit, l’Etat devait revoir sa copie notamment en matière de modalités d’élaboration, et d’adoption des chartes d’engagement.

Le Ministère de l’agriculture a ainsi résumé les projets de décret et d’arrêté en résultant :

« Le projet de décret établit une nouvelle procédure d’élaboration et d’approbation des chartes d’engagement des utilisateurs, afin que la consultation du public sur le projet de charte s’effectue conformément aux dispositions de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement. De plus, il prévoit que les chartes devront nécessairement préciser les modalités d’information des résidents et des personnes présentes préalablement à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

« Le projet d’arrêté étend aux personnes travaillant à proximité des zones traitées les dispositions en place pour la protection des personnes résidant à proximité de ces zones. »

 

C’est chose faite au JO avec le décret n° 2022-62 du 25 janvier 2022 relatif aux mesures de protection des personnes lors de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à proximité des zones d’habitation (NOR : AGRG2202402D) :

S’y ajoute cet arrêté :

Le décret :

  • établit une nouvelle procédure d’élaboration et d’approbation des chartes d’engagement des utilisateurs telle que prévue par l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement.
  • prévoit que les chartes devront nécessairement préciser les modalités d’information des résidents et des personnes présentes préalablement à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.
  • dispose que les acteurs signataires des chartes dans chaque département devront définir les meilleurs moyens de procéder à cette information qui peut prendre plusieurs formes.
  • ne prévoit pas nécessairement une information individuelle des personnes concernées et permet à chaque territoire de retenir la solution la plus adaptée.

L’arrêté, quant à lui, étend aux personnes travaillant régulièrement à proximité des zones traitées les dispositions déjà en place pour la protection des personnes qui résident à proximité de ces zones. S’agissant des produits mentionnés à son article 14-2, les distances de sécurité ne s’appliquent aux parcelles déjà emblavées au titre d’un cycle cultural à la date de sa publication qu’à compter du 1er juillet 2022.

En ce qui concerne les distances de sécurité applicables aux produits classés CMR de catégorie 2, le Gouvernement a, pour citer le Ministère de l’agriculture :

« opté pour une approche fondée sur l’évaluation scientifique. Les produits concernés sont les produits dont l’autorisation de mise sur le marché ne comprend pas encore de distances de sécurité spécifique. Par conséquent, le Gouvernement a demandé à l’ANSES d’accélérer la mise à jour des autorisations des produits concernés pour y intégrer les distances de sécurité ad hoc. Cette mise à jour sera effectuée sur demande du détenteur de l’autorisation, qui devra réaliser et fournir les études et données nécessaires à la conduite de l’évaluation scientifique. A compter du 1er octobre 2022, les produits n’ayant pas fait l’objet d’une demande recevable auprès de l’Anses ont vocation à se voir appliquer le respect d’une distance de sécurité réglementaire de 10 m. »

 

Voici un vade mecum par ailleurs du Ministère sur les produits autorisés ou non, à jour du 10 janvier 2022 :

 

 

 

Quitter la version mobile