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Le retour des débats juridiques sur le recours au référendum (à propos de l’IVG) et sur la jurisprudence Hauchemaille

La France, pays de suffrage majoritaire pour les législatives, a désormais une chambre morcelée telle celle d’un Etat où l’on appliquerait un mode de scrutin proportionnel.

Cela suscite des inquiétudes au regard de nos habitudes partisanes et des possibles réactions des électeurs si par hasard des majorités composites se formaient, ou plus simplement sur notre capacité dans cette configuration à adopter des lois dont notre Nation aurait besoin…

Mais cela nourrit aussi des commentaires sur notre besoin de réapprendre l’art parlementaire du compromis afin de faire, ensemble, émerger un sens commun.

Or, pour dépasser ce jeu entre optimistes et pessimistes, voici que revient à la mode depuis trois ou quatre jours dans les médias l’idée de recourir au référendum sur nombre de sujets.

Soit, pourquoi pas.

Et voici qu’on l’évoque aussi pour l’IVG.

Et là, en droit, force est de signaler que cela ne va pas de soi… et sauf à négliger la jurisprudence Hauchemaille.

Rappelons donc quelques données juridiques de base :

 

Cette décision « Hauchemaille » (attention il y en a plusieurs du même requérant avec des dates et des objets différents) admet ainsi pour la première fois la compétence juridictionnelle du Conseil constitutionnel pour connaître d’un acte préparatoire au référendum lorsque l’irrecevabilité qui serait opposée au recours risquerait de compromettre gravement l’efficacité de son contrôle des opérations référendaires, vicierait le déroulement général de vote à intervenir ou porterait atteinte au fonctionnement normal des pouvoirs publics.

Cette audace du Conseil constitutionnel était importante pour assurer une réalité de la séparation des pouvoirs, même si cette décision, qui conduit à l’impossibilité de contourner la Constitution pour réviser celle-ci, ne manquera pas, de-ci, de-là, d’être contestée par les tenants du gouvernement plébiscitaire.

Voici cette décision :

Décision n° 2000-21 REF du 25 juillet 2000 

NB lire par exemple : https://www.conseil-constitutionnel.fr/referendum-sur-le-quinquennat/le-contentieux-des-actes-preparatoires-a-un-referendum

Voir aussi Cons. const. 14 mars 2001, Hauchemaille, CE, Sect. 14 septembre 2001, Marini et 20 septembre 2001, Hauchemaille et Marini, par M. Richard Ghevontian, in  Revue française de droit constitutionnel 2001/4 (n° 48), pages 775 à 778.  Voir aussi H. Savoie, Conclusions sur CE, Ass., 1er sept. 2000, Larrouturou, Meyet et autres, RFD Adm. n° 16, sept-oct. 2000, p. 989. Etc. 

Citons le considérant de principe de cette décision :

« 5. Considérant, cependant, qu’en vertu de la mission générale de contrôle de la régularité des opérations référendaires qui lui est conférée par l’article 60 de la Constitution, il appartient au Conseil constitutionnel de statuer sur les requêtes mettant en cause la régularité d’opérations à venir dans les cas où l’irrecevabilité qui serait opposée à ces requêtes risquerait de compromettre gravement l’efficacité de son contrôle des opérations référendaires, vicierait le déroulement général du vote ou porterait atteinte au fonctionnement normal des pouvoirs publics ;»

 

Voir aussi à ce même sujet cette vidéo du Professeur Maus faite entre les deux tours :

https://youtu.be/Nhzfe-cmPW4

 

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