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Les contrats de la commande publique vont-ils, finalement, rester partagés entre le juge judiciaire et le juge administratif ? Est-ce bien raisonnable ? Les difficultés juridiques évoquées à ce sujet sont-elles réelles ?

Le Sénat commence à examiner le « projet de loi de simplification et portant diverses dispositions d’ordre administratif », lequel prévoit de très nombreuses mesures. A ce sujet, voir :

 

Ce projet de loi élargissait le champ de la disposition figurant à l’article L. 6 du code de la commande publique.

Concrètement, tous les contrats de la commande publique qui sont passés par les personnes morales de droit privé (entreprises publiques locales au premier chef, mais aussi SAHLM, organismes de sécurité sociale, entreprises publiques nationales)… basculeraient dans l’escarcelle du juge administratif (et non du juge judiciaire) par le fait que ces contrats seraient dorénavant supposés être de droit public.

Cette extension s’appliquerait donc aux contrats conclus par les pouvoirs adjudicateurs et les entités adjudicatrices de droit privé, c’est-à-dire notamment par les « personnes morales de droit privé qui ont été créées pour satisfaire spécifiquement des besoins d’intérêt général ayant un caractère autre qu’industriel ou commercial », au sens du 2° de l’article. L. 1211-1 de ce code (comme ce fut fait pour  SNCF Réseau, en vertu de l’article L. 2111-9-4 du code des transports).

Le Conseil d’Etat était réservé sur ce point dans son avis (voir ici) non contentieux, notamment au nom d’adaptations faites par le juge judiciaire à tel ou tel cas. Il nous sera permis de penser que l’arrivée de nouveaux flux pouvait aussi en filigrane alimenter ce peu d’entrain.

Avant la plénière au Sénat, le texte a été modifié en commission spéciale, laquelle a adopté 9 amendements identiques supprimant l’article 5, en raison « de l’insécurité juridique et de l’alourdissement des charges administratives qu’engendrerait l’adoption d’une telle mesure pour les entreprises co-contractantes et pour les acheteurs de droit privé

Voir, sur ce point, le rapport de la commission spéciale qui, sur ce point, est assez détaillé :

 

Qu’il nous soit permis quelques réactions :

Une solution selon nous serait non pas de qualifier ces contrats de droit public, mais de prévoir par la loi une compétence du juge administratif pour ces contrats (sans , avec application du droit public à ces contrats pour les règles de passation et d’exécution de ces contrats, mais sous réserve des conciliations avec les régimes particuliers de droit privé propres aux divers types de contrats. Ou autre.

 

En résumé :

 

Justice ; détail du décor d’une salle du Conseil d’Etat (Palais Royal) ; photo coll .pers. EL mai 2024

 

 

 

 

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