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Affaires courantes et démission d’un Gouvernement : nouvelle illustration jurisprudentielle (en matière de médicaments)

Dans le cadre juridique, délicat et qui fut si vivement commenté de toutes parts il y a un an, des actes susceptibles ou non d’être adoptés par un Gouvernement démissionnaire ou sur le point de démissionner (I), le Conseil d’Etat vient de juger que relève bien des affaires courantes l’adoption d’un arrêté d’inscription sur la liste des médicaments dont l’utilisation et la prise en charge par l’assurance maladie est conditionnée au versement d’une remise (II).


 

I. Rappels sur le régime des actes adoptés par un Gouvernement démissionnaire

 

En cas  de démission d’un Gouvernement il faut distinguer trois périodes :

 

Voici à ce sujet un schéma que j’avais fait il y a un an pour la démission du Gouvernement Attal après la dissolution de l’Assemblée Nationale :

 

et une vidéo à ce même sujet :

https://youtu.be/kPsi4-jX26Y

N.B. : pendant ce temps, une fois les députés réélus, on peut se retrouver avec un nouveau député qui est encore Ministre sortant. Mais le Conseil d’Etat a jugé que la règle d’incompatibilité entre le mandat de député et les fonctions de ministre est sans effet sur l’exercice de ces dernières. Voir Conseil d’État, 18 octobre 2024, aff. jointes n° 496362 ADELIBE et autres ainsi que n° 496532 ADELICO. Voir ici cette décision et notre article. 

 

 

II. Portée du nouvel arrêt du Conseil d’Etat : relève bien des affaires courantes l’adoption d’un arrêté d’inscription sur la liste des médicaments dont l’utilisation et la prise en charge par l’assurance maladie est conditionnée au versement d’une remise

 

Dans ce cadre, le Conseil d’Etat vient de juger qu’un arrêté qui se borne à fixer la liste des spécialités dispensées en association de traitement dont l’utilisation et la prise en charge sont autorisées au titre de l’article L. 162-18-1 du code de la sécurité sociale issu de l’article 59 de la loi du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022, dont les modalités d’application ont été précisées par les articles R. 163-59 à R. 163-64 de ce code, issus du décret du 27 juin 2023 relatif aux modalités d’autorisation et de prise en charge des médicaments en association de traitement en application de l’article L. 162-18-1 du code de la sécurité sociale, entre dans la catégorie des affaires courantes et pouvait ainsi être compétemment pris par les ministres concernés après l’acceptation par le Président de la République, de la démission du gouvernement auquel ils appartenaient.

Implicitement, le Conseil d’Etat juge aussi par cette affaire qu’il est bien compétent en première instance pour connaître de telles affaires.

Source :

Conseil d’État, 6 juin 2025, n° 498640, aux tables du recueil Lebon

 

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