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Urgence et pornographie : le 7e ciel peut attendre

Fidèle à ses traditions remontant au XVIIIe s., en 2024, le Palais Royal, et plus précisément son aile Montpensier, laissait libertiner en ligne…. mais validait son interdiction pour les mineurs.

Source : Décision n° 2024-866 DC du 17 mai 2024, Loi visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique, Non conformité partielle – réserve ;  voir ici notre article

La loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 pouvait donc prendre son envol, visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique (voir ici) et permettant, notamment, à l’Arcom d’enjoindre au fournisseur d’accès internet ou de système de résolution de noms de domaine de bloquer dans un délai de quarante-huit heures le site d’une plateforme de partage de vidéos pornographiques qui se contente d’une déclaration d’âge pour empêcher l’accès des mineurs à ses contenus.

Cette injonction peut être contestée devant le tribunal administratif qui doit se prononcer dans un délai d’un mois à compter de sa saisine.

Vint vite une décision du TA de Paris à ce sujet, laquelle :

 

Source : TA Paris, 15 avril 2025, Société Cloudfare, n°2506972

Puis en virent d’autres. Avec quelques soubresauts, comme ces décisions de la part des sociétés géantes de la pornographie (canadiennes notamment), qui défendaient d’autres solutions techniques que le Ministère, de ne plus diffuser en France. Point.

La ministre de la culture avait pris un arrêté, le 26 février 2025, désignant les services de communication au public en ligne et les services de plateforme de partage de vidéos établis dans un autre État membre de l’Union européenne soumis aux articles 10 et 10-1 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique.

Par une ordonnance n° 2514377/5 du 16 juin 2025, le juge des référés du TA de Pairs a suspendu l’exécution de cet arrêté…. le bruit a couru que le Ministère avait omis d’aller défendre à l’audience cet arrêté.

Si c’est vrai, c’est un péché qui se paye cher : même devant le juge administratif, il ne faut pas, surtout en référé, sous-estimer l’importance de l’oralité sur certains points. Sans mauvais jeu de mots. Ou avec. Au choix.

Toujours est-il que, gardien d’une certaine orthodoxie, le Conseil d’Etat y a mis bon ordre à l’instant en censurant la censure du TA, rétablissant la censure décidée par la Ministre (vous me suivez ?).

Et ce avec un grand classicisme : les sociétés ne justifiaient pas de l’urgence à obtenir cette suspension au sens du référé suspension. De fait, ces sociétés ne pouvaient guère soulever une urgence économique pour elles : elles sont de taille conséquente et peuvent se permettre de ne pas consommer le marché français juste pour bouder ce qui prouve leur capacité à tenir le choc…

Bref, le 7e ciel peut attendre

NB merveilleux film de Lubitsch de 1943. A ne surtout pas confondre avec le pâle film éponyme de 1978, sur la base d’un script totalement distinct

 

Source :

CE, ord., 15 juillet 2025, Min . Cult. c/ Société Hammy media, 505472

 

 

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