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Le référé liberté, arme possible pour réduire au silence des festivals… à ne dégainer que dans des cas vraiment extrêmes

Insomnia and noise pollution concept

Bruits des festival : la porte du référé liberté en ce domaine n’est pas totalement fermée. Mais de tels recours, fort logiquement, ne pourront prospérer que dans des cas exceptionnels, bien au delà des simples dépassements de normes. 

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Des requérants avaient eu la hardiesse de faire un référé liberté pour imposer au maire de la commune d’Annemasse (Haute-Savoie) de prendre des mesures d’interdiction des concerts du festival  » Musical’été 2025 « .

Rappelons que l’article L. 521-2 du code de justice administrative restreint l’usage de l’outil rapide et puissant qu’est le référé liberté à des cas exceptionnels.

Le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.

Cela impose cumulativement :

De telles libertés fondamentales restent limitativement énumérées. Voir la liste établie par le Conseil d’Etat lui-même ici  :

A ce sujet, voir cette vidéo de 11 mn 43 avec une éclairante interview de M. Jacques-Henri Stahl, Président adjoint de la Section du contentieux du Conseil d’Etat :

 

En l’espèce, il s’agissait donc de bruit. Pour tenter leur recours, les requérants faisaient reposer leur recours :

 

Il est intéressant de notre que le juge n’a pas estimé que le bruit ne serait jamais une telle violation du « droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ».

En effet, le juge a posé que ces atteintes :

Source : Linkin Park 2024, coll. pers.

Ce que le juge des référés du Conseil d’Etat a ainsi formulé :

« 5. D’une part, la circonstance que ces valeurs limites d’émergences ne seraient pas respectées ne saurait à elle seule et en tout état de cause caractériser une atteinte grave et manifestement illégale au droit invoqué, justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai. D’autre part, s’il est constant, ainsi qu’en attestent les mesures acoustiques effectuées par la commune elle-même, que ces valeurs ne sont pas respectées à certains moments de l’après-midi et en soirée à l’extérieur de l’habitation de M. et Mme A…, il résulte de l’instruction que les nuisances dont ils se plaignent en conséquence, que la commune a au demeurant entrepris de prévenir et de réduire par rapport à l’année 2024, notamment par un déplacement de la scène, n’ont lieu que pendant quelques demies journées et soirées au cours des mois de juillet et août, et ne sont dès lors pas d’une gravité telle qu’elles justifient l’intervention du juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.»

 

Source :

Conseil d’État, 7 août 2025, M. B… A… et Mme C… A… c/ commune d’Annemasse, n° 506930

Photo : coll. pers. oct. 2023 (Négresses vertes ; la Maroquinerie)

 

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