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Polynésie : et, juridiquement, les eaux se fendirent

« Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent. » (Exode 14, 21-27)

« La loi étendit son bras sur les eaux territoriales. Le législateur chassa la simplicité du Pacifique ; il mit la mer à sec, et les eaux, en droit, se fendirent. » (Conseil d’Etat, 4 mars 2026, n° 510858)


 

 

C’est compliqué? Logique mais un peu compliqué. Et force est de reconnaître que le Conseil d’Etat a su dans un cadre bigarré conserver une ligne de partage des eaux à peu près claire, opérationnelle.

La complexité initiale est venue du législateur (loi organique du 27 février 2004) qui a  bien voulu donner un maximum de compétences aux collectivités ultramarines (COM) mais sans préjudicier aux compétences de souveraineté dévolues à l’Etat. D’où une summa divisio :

 

Sur une base comparable, on savait déjà, par exemple que les provinces néo-calédoniennes ont compétence pour réglementer économiquement la pêche  (CE, Section, 27 janvier 1995, Province Nord de Nouvelle-Calédonie, n° 149790, rec. p. 51) ou que la Polynésie française en tire une compétence dans les eaux territoriales en matière d’environnement et de lutte contre la pollution marine, (CE, 2 octobre 2002, Haut-commissaire de la République en Polynésie française, n° 247767, rec. T. pp. 819-821 ; voir aussi pour une application dans ce cadre de la jurisprudence Préfet de l’Eure : CE 19 novembre 2020, Société Shenzhen Shengang Overseas Industral Co. Ltd et autre, n° 440644).

Reste que distinguer entre sécurité et autres compétences n’est pas toujours aisé.

Le Conseil d’Etat vient de préciser :

 

Source : 

Conseil d’État, avis ctx, 4 mars 2026, n° 510858, aux tables du recueil Lebon

Lire aussi les conclusions de M. Frédéric PUIGSERVER, Rapporteur public :

 

 

MoÏse traversée de la mer rouge – Psautier de Paris – xe siècle.
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