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Statuts-types pour les fondations et associations reconnues d’utilité publique, avec un vrai mode d’emploi par le Conseil d’Etat [MISE A JOUR 2022]

Les anciens statuts types des fondations et associations reconnues d’utilité publique remontaient à 2011, avant même la « Loi Hamon » du 31 juillet 2014.

Aussi avait-il été particulièrement bienvenu que le Conseil d’Etat (CE) ait en janvier 2019 mis à jour ces statuts types avec un vrai mode d’emploi.

Il s’agissait alors d’une révolution conduite en plusieurs temps (2018 puis 2019).

Cette mise à jour a elle-même été actualisée en juillet 2019 et, ensuite, en janvier 2020… puis maintenant en juillet 2022.

La voici, commentée. 

 

 

Une révolution conduite en plusieurs temps

 

En septembre 2018, nous avions déjà diffusé ces nouveaux documents types :

 

Puis le 9 janvier 2019, ces statuts types ont enfin été fournis avec un vrai mode d’emploi par le Conseil d’Etat.

 

Cette diffusion organisée, avec ces statuts types, du corpus des décisions de sa section de l’Intérieur (SI), souvent difficiles d’accès ou d’une compilation malaisée, est un geste fort du CE. Et cette section s’engage à une mise à jour semestrielle, en ligne, de ce corpus.

Ce qui est désormais donc chose faite avec une mise à jour en juillet 2022 (après les mises à jour de 2019 et de 2020).

Bref, c’est parfait. Notamment, le travail sur les éventuelles dérogations ou options avec les préfectures et ministères lors de l’instruction de ces dossiers pourra enfin se faire sur des bases solides, avant le passage en SI du CE (soit pour une centaine de dossiers par an).

Il est également à noter que ce travail de la section de l’Intérieur (SI) du CE est le fruit déjà de plusieurs étapes.

En effet, depuis quelques années, ce travail s’avère :

 

N.B. : évoquons juste notre surprise de voir ces juges administratifs, étrangement, d’utiliser systématiquement le mot de « jurisprudence » pour ces avis de la SI du CE… ce qui s’agissant d’avis non contentieux et non émis par la section du contentieux relève d’un fort abus de langage à tout le moins, voire d’une usurpation de qualité (le Vice-Président du CE alors en fonction ayant tout de même, mais bien sûr fort poliment, esquissé le début d’une interrogation en ce sens, le 9 janvier 2019, lors de la présentation de ces textes). 

 

Présentation le 9 janvier 2019 des nouveaux statuts types (pas si nouveaux en fait, puisqu’ils remontent à Juin 2018 comme nos lecteurs l’ont alors su…) mais aussi des corps de doctrine des avis de la SI du CE à ce sujet, ce qui sera un outil précieux.  

 

Des définitions inchangées qu’il est utile de rappeler

 

Rappelons de quoi nous parlons, qui reste fondamentalement inchangé, mais qui est parfois fort méconnu. Citons le CE :

Qu’est-ce qu’une association d’utilité publique ?

Une association peut être reconnue d’utilité publique lorsqu’elle remplit plusieurs critères, notamment le caractère d’intérêt général de l’objet, le caractère désintéressé de la gestion, lasolidité et la pérennité des moyens d’action et des ressources au regard de l’objet, un nombresuffisant de membres, une certaine ancienneté (trois ans minimum selon la loi), une activité effective, un rayonnement au-delà d’un cercle local.

Les associations sont régies par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association et par le décret du 16 août 1901. Contrairement aux fondations, elles n’ont pas besoin d’être reconnues d’utilité publique pour exister. Réunion de membres (et non de biens, à la différence d’une fondation) concourant à la réalisation d’un objet commun, elles sont dotées de la personnalité morale dès leur déclaration en préfecture.

Qu’est-ce qu’une fondation reconnue d’utilité publique ?

Une fondation résulte de la cession, de manière irrévocable, de ressources, de biens ou de droitspar une ou plusieurs personnes physiques ou morales en vue de la réalisation d’une œuvre d’intérêt général et à but non lucratif. La reconnaissance d’utilité publique par décret en Conseil d’État confère aux fondations la personnalité morale. Les fondations sont régies par la loi n° 87- 571 du 23 juillet 1987 sur le développement du mécénat.

Quel est l’intérêt de cette reconnaissance d’utilité publique ?

La reconnaissance d’utilité publique permet aux associations et fondations de recevoir, en plus des dons manuels dont peut bénéficier toute association, des donations et des legs.

Elle constitue un gage de confiance pour le grand public et les donateurs. Elle garantit également le respect de quelques principes essentiels : pour les associations, le fonctionnement désintéressé et démocratique ; pour les fondations, le fonctionnement désintéressé et l’indépendance vis-à-vis des fondateurs.

Qui sont les associations et fondations reconnues d’utilité publique aujourd’hui ?

Il existe une très grande diversité d’associations reconnues d’utilité publique en France. Ellesœuvrent dans les domaines de la santé, du secteur social, de la culture, du sport, de l’environnement ou encore au service des publics défavorisés. Elles peuvent aussi avoir une dimension spirituelle, à condition de ne pas exercer d’activité cultuelle. Les fondations reconnues d’utilité publique sont actives dans les mêmes domaines, mais peuvent aussi être des fondations actionnaires, c’est-à-dire détenir une part importante, voire majoritaire, du capital d’une entreprise.

 

Ajoutons y quelques graphiques qui, eux, sont de notre cru pour les fondations  :

 

 

… et les associations reconnues d’utilité publique (ARUP) :

 

Ce qui permet de mieux anticiper l’appréciation, par le CE, du projet d’ARUP ou de fondation

 

Lors de la présentation de ces textes, ce jour, suivie de bref échanges, les membres du CE et autres commentateurs ont insisté sur plusieurs points :

 

Une utilisation assez large, désormais, des souplesses induites par le numérique

Le CE permet désormais dans ces nouveaux statuts un fonctionnement numérique. Désormais, il est possible de :

  • participer à distance à des réunions (par visioconférence ou télécommunication), ce qui facilite la réunion de l’ensemble des administrateurs et/ou des membres et la prise des décisions en cas d’urgence. L’option pour ce type de vote est désormais exclusive des votes par procuration.
  • délibérer par échange de courriels, qui peuvent notamment (mais pas seulement) être utilisés pour des questions appelant des réponses simples. Ce procédé vise à simplifier la tâche des administrateurs avec la baisse du recours à la représentation et la facilitation de la participation directe. La tenue régulière de réunions physiques reste toutefoisobligatoire. Au minimum, le conseil d’administration des fondations doit se réunir« physiquement » deux fois par an, et l’assemblée générale des associations une fois par an.
  • pour les associations, dématérialiser les documents issus de l’assemblée générale (rapport annuel et comptes approuvés), et réaliser ainsi d’importantes économies. De même, si rien n’imposait la convocation des adhérents par voie papier, la voieélectronique peut désormais être privilégiée.

 

Autres souplesses un peu plus récentes

La révision des statuts a également été pensée pour assouplir la gestion au quotidien des associations et fondations d’utilité publique :

 

Déontologie et conflits d’intérêts

L’une des nouveautés de la révision des statuts types consiste à renforcer la prévention des conflits d’intérêts.
Les administrateurs, les membres des comités, les collaborateurs et toute personne agissant au nom de l’association ou de la fondation, doivent désormais déclarer toute situation potentielle de conflit d’intérêt et s’abstenir de voter les délibérations ou d’agir si la situation se présente. Cette obligation s’applique aussi à tout candidat au conseil d’administration ou à un comité. Les changements de situation personnelle ou professionnelle doivent également être déclarés.
Les statuts précisent désormais que la prévention des conflits d’intérêt est une obligation pour l’association ou la fondation reconnue d’utilité publique : le non-respect de cette obligation peut donc constituer un motif de retrait de la reconnaissance d’utilité publique.

 

Plus de démocratie interne pour les ARUP

 

Concernant les associations, les statuts types renforcent leur démocratie interne. Le vote à distance et la tenue de réunions dématérialisées (voir ci-avant) favorisent déjà une meilleure représentation et une plus forte participation de chacun des membres en limitant le recours aux procurations.

La révision des statuts a toutefois apporté d’autres nouveautés pour conforter le fonctionnement démocratique des associations, telles que l’exigence de participation de toutes les catégories de membres à l’assemblée et leur éligibilité à toutes les fonctions d’administrateur et de dirigeant, la communication obligatoire de documents en amont des réunions, le monopole de l’assemblée générale (plutôt que du conseil d’administration) pour pourvoir aux sièges vacants d’administrateur, la limitation du nombre de pouvoirs accordés à une seule personne, la possibilité pour une proportion significative de membres (et non plus seulement pour les administrateurs) de faire inscrire une question à l’ordre du jour de l’assemblée générale, de demander une réunion du conseil d’administration ou de proposer une modification des statuts.
La volonté de transparence et de clarification des statuts des associations reconnues d’utilité publique assure également une meilleure effectivité du principe démocratique en leur sein. La publication des recueils de jurisprudence et leur mise en ligne sur le site Internet du Conseil d’État permettent en effet à tout membre d’une association ainsi qu’à tout porteur de projet d’accéder facilement à la jurisprudence la plus récente et de se mettre en conformité avec elle.

 

Nouveaux statuts types

Consultez les nouveaux statuts types (versions qui semblent inchangées depuis 2018-2019) :

1/ via ces liens vers le CE 

2/ ou depuis notre site pour le cas où les liens ci-dessus viendraient à ne plus être actifs  

Et surtout nouveaux recueils de décisions de la SI du CE (indispensables en pratique ; fort bien faits) – mis à jour (juillet 2022)

 

1/ via ces liens vers le CE 

2/ ou depuis notre site pour le cas où les liens ci-dessus viendraient à ne plus être actifs  

 

 

Rappels juridiques législatifs

 

Ces presque 20 dernières années, deux lois ont fait évoluer le régime des associations et fondations reconnues d’utilité publique dans un mouvement général d’incitation à la générosité et à l’engagement :

  • la loi du 1er août 2003 dite « Aillagon » a instauré de nombreuses incitations fiscales. Pourles dons des particuliers, la réduction d’impôt sur le revenu est passée de 50 % à 66 %, le plafonnement des dons déductibles du revenu imposable passant de 10 % à 20 %. Cetteréduction a été assortie d’une possibilité de reporter l’excédent non déductible sur les cinq années suivantes. Pour le mécénat d’entreprise, la réduction d’impôt a été doublée pour atteindre 60 % sur l’impôt sur les sociétés, dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires.
  • la loi du 31 juillet 2014 dite « Hamon » a permis aux associations reconnues d’utilité publique d’acquérir, conserver et administrer tous types d’immeubles (et non plus lesseuls immeubles nécessaires au but poursuivi) et de recevoir tous types de libéralités, y compris sous forme de biens immobiliers. Cette loi a également facilité la fusion entrefondations et la transformation d’associations ou d’autres types de fonds ou fondationsen fondations reconnues d’utilité publique.

 

Chiffres-clés ; listes des FRUP et ARUP

Au 30 avril 2018, on comptabilisait :

 

 

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