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Représentants d’intérêt : 1/ le régime déclaratif s’apprécie sur 12 mois continus avec une large marge de manoeuvre pour la HATVP et peu de formalisme avant mise en demeure 2/ inviter, par exemple à ce que tel ou tel type de contrat de la commande publique soit passé, peut suffire à ce que ce régime s’applique

Répertoire numérique des représentants d’intérêt (i.e. des lobbyistes) :

 


 

 

C’est à l’autorité publique indépendante (sur cette notion, voir ici) qu’est la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qu’a été  confié la mission de réguler l’encadrement du lobbying en France, rebaptisé « représentants d’intérêts » en bon français. Sauf que ce régime s’applique bien au delà des lobbyistes au sens classique de l’expression, comme nous allons le préciser ci-après.

Voir d’ailleurs pour toute information, sur le site de la HATVP :

Les représentants d’intérêts sont tenus de s’inscrire au répertoire accessible sur le site de la HATVP que voici :

Ce répertoire des représentants d’intérêts vise à fournir une information aux citoyens sur les relations entre les représentants d’intérêts et les responsables publics lorsque sont prises des décisions publiques.

Les lobbyistes (au sens assez large retenu par la loi) doivent ainsi fournir des données sur l’identité de leur organisation et sur les sujets sur lesquels portent leurs activités de représentation d’intérêts.

Les représentants d’intérêts sont également tenus d’effectuer tous les ans une déclaration d’activité auprès de la Haute Autorité portant sur les actions de représentation d’intérêts qui ont été menées au cours de l’année précédente et les moyens consacrés à la représentation d’intérêts.

Les représentants d’intérêts doivent adresser cette déclaration dans un délai de trois mois à compter de la clôture de leur exercice comptable, pour toutes les actions réalisées pendant cet exercice.

Mais restaient quelques débats, dont celui sur les périodes à prendre en compte.

Le Conseil d’Etat vient de préciser que :

 

En l’espèce, une société en matière de sécurité, nommée Deveryware, demandait l’annulation pour excès de pouvoir de la délibération qui l’avait mise en demeure de se déclarer à ce titre, en 2021.

Sur la procédure, le Conseil d’Etat rappelle donc que le régime de motivation des actes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration (CRPA) ne s’applique pas en ce domaine, et que la HATVP n’avait sur ce point pour seule obligation d’identifier « le manquement aux obligations mentionnées aux articles 18-3 ou 18-5 auquel elle invite le représentant d’intérêt à se conformer à l’avenir. » Ce qui a été fait, en l’espèce, par la Haute Autorité, pose le Conseil d’Etat.

En l’espèce, la HATVP a pu retenu que le président de la société requérante était entré en communication avec des représentants publics au moins dix fois sur une période continue de douze mois entre le 11 janvier 2018 et le 10 janvier 2019 : cela suffisait pour que le régime’ des représentants d’intérêt doive s’appliquer et le choix de cette période n’est pas censuré par le juge administratif.

Intéressant : le Conseil d’Etat confirme qu’influer sur un futur contrat de marchés publics… est une activité de lobbying à ce titre :

« 8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des déclarations des cabinets d’affaires publiques qui accompagnaient la société requérante dans ses rencontres avec les responsables publics, que ces rencontres avaient pour objet d’influer sur les caractéristiques d’un appel d’offre à venir en vue de la passation d’un contrat de la commande publique, et ne constituaient pas des contacts organisés dans le cadre du déroulement de cet appel d’offres. Par suite, la HATVP a fait une exacte application de l’article 18-2 de la loi du 11 octobre 2013 précitée en qualifiant la société Deveryware de représentante d’intérêts. »

Le Conseil d’Etat valide ainsi implicitement les lignes directrices de la HATVP qui sont sur ce point fort larges même si, naturellement, sont exclues du champ de la représentation d’intérêts, pour citer le rapporteur public dans cette affaire, « les échanges de l’administration avec les titulaires d’un contrat de commande publique qui sont nécessaires à son exécution, ainsi que les contacts qu’elle entretient avec l’ensemble des entreprises candidates dans le cadre d’une procédure de mise en concurrence en cours. »

Source :

Conseil d’État, 4 octobre 2023, Société Deveryware, n° 454659, aux tables du recueil Lebon

 

Voir les conclusions de M. Nicolas AGNOUX, Rapporteur public :

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