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Discrimination : la preuve par les statistiques

La discrimination, quelle qu’elle soit, est souvent difficile à prouver. C’est pourquoi le juge administratif considère que si un agent, un usager ou un candidat, qui s’estime discriminé, apporte des éléments suffisamment circonstanciés, cela suffit à établir une présomption. Cette dernière ne pourra être renversée que si l’administration produit des éléments permettant d’établir que la décision litigieuse repose sur des éléments objectifs étranger à toute discrimination (CE Ass., 30 octobre 2009, Mme Perreux, req. n° 298348).

La question se pose alors de savoir quels types d’éléments sont de nature à faire naître une présomption. Bien sûr tout est une question d’espèce. Toutefois, par un arrêt du 16 octobre 2017, M. U… c/ ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire et ministre de l’agriculture et de l’alimentation (req. n° 383459), le Conseil d’Etat a précisé que le justiciable qui s’estime être victime de discrimination peut établir une présomption en présentant des éléments statistiques.

En l’espèce, un candidat malheureux au concours interne des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, estimait avoir été discriminé par le jury au motif que :

Tout en reconnaissant que ces éléments statistiques pouvaient être utilement invoqués, le Conseil d’Etat n’a pas voulu non plus ouvrir la boîte de pandore, et a rejeté les arguments soulevés par le requérant aux motifs :

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