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Comment apprécier la durée de services publics effectifs accomplis auprès de plusieurs employeurs d’un agent qui demande la transformation de son contrat en CDI ?

Par un arrêt M. A. c/ CNRS en du 9 octobre 2019 (req. n° 422874), le Conseil d’État considère que lorsqu’un agent demande la transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée, il appartient au juge administratif de rechercher, en recourant au besoin à la méthode du faisceau d’indices, si en dépit de l’existence de plusieurs employeurs apparents, l’agent peut être regardé comme ayant accompli la durée nécessaire de services publics effectifs auprès d’un employeur unique.

L’arrêt précise en outre que lorsque l’agent a poursuivi l’activité pour laquelle il avait bénéficié de contrats à durée déterminée (CDD) en qualité d’autoentrepreneur auprès de la même personne publique, la durée des prestations effectuées en cette qualité doit être prise en compte pour le calcul de la durée de services publics effectifs, si’l apparaît qu’en réalité la personne publique avec qui il avait conclu un CDD demeurait le véritable employeur.

En l’espèce, M. A… a été embauché à dix reprises, entre le 10 mai 2004 et le 22 mars 2011, en contrat de travail à durée déterminée (CDD) par le CNRS en tant qu’ingénieur d’études spécialisé dans le traitement des images au sein du Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM). M. A… a également été employé en contrat de travail à durée déterminée par l’université Provence Aix Marseille I en tant qu’ingénieur d’études au sein du même laboratoire entre mai et juillet 2009, puis entre juin et juillet 2010. Le 6 mai 2011, M. A… a conclu, sous le statut d’auto-entrepreneur, un contrat de prestation de services avec le CNRS et l’université de Provence-Aix-Marseille I pour réaliser une prestation de “traitement d’images Rossetta/Osiris et cométaires” pour le compte du LAM. Un avenant a été signé le 4 mai 2012 pour prolonger le contrat initial pendant 8 mois à compter du 2 mai 2012.

Par un courrier du 13 mars 2013, M. A… a demandé au CNRS le bénéfice d’un contrat à durée indéterminée en application des dispositions de l’article 8 de la loi du 12 mars 2012.

Par un jugement du 28 mai 2015, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de M. A… tendant à annuler la décision implicite du CNRS rejetant sa demande du 13 mars 2013. Le CNRS s’est pourvu en cassation contre l’arrêt du 13 juin 2018 par lequel la cour administrative d’appel de Marseille, sur appel de M. A…, a annulé ce jugement et la décision implicite de rejet de la demande du 13 mars 2013, puis lui a enjoint de proposer à M. A… de signer un contrat à durée indéterminée portant sur les fonctions d’informaticien analyste.

Dans son arrêt, le Conseil d’État rappelle tout d’abord qu’aux termes de l’article 8 de la loi du 12 mars 2012 dans sa version applicable au litige : “A la date de publication de la présente loi, la transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée est obligatoirement proposée à l’agent contractuel, employé par l’État, l’un de ses établissements publics (…) sur le fondement du dernier alinéa de l’article 3 ou des articles 4 ou 6 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée dans sa rédaction antérieure à celle résultant de la présente loi, qui se trouve en fonction (…). / Le droit défini au premier alinéa du présent article est subordonné à une durée de services publics effectifs, accomplis auprès du même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public, au moins égale à six années au cours des huit années précédant la publication de la présente loi. (…) ”.

Puis, la Haute en Assemblée déduit de cette disposition que « que lorsqu’un agent demande la transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée, il appartient au juge administratif, saisi par l’intéressé, de rechercher, en recourant au besoin à la méthode du faisceau d’indices, si en dépit de l’existence de plusieurs employeurs apparents, l’agent peut être regardé comme ayant accompli la durée nécessaire de services publics effectifs auprès d’un employeur unique. Ces indices peuvent être notamment les conditions d’exécution du contrat, en particulier le lieu d’affectation de l’agent, la nature des missions qui lui sont confiées et l’existence ou non d’un lien de subordination vis-à-vis du chef du service concerné. »

Appliquant alors la technique du faisceau d’indice, le Conseil d’État confirme la position du juge d’appel et rejette le pourvoi du CNRS, aux motifs que :

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