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Qu’est-ce qu’une formation adaptée pour les élus locaux ?

Voici le tableau, impressionniste et impressionnant, des tâtonnements du juge sur ce qu’est, ou non, une formation adaptée pour les élus locaux … 


 

Nul ne doute de l’importance de mieux former les élus locaux. Et, souvent, de les former tout simplement. Mais le droit sur ce point reste complexe avec :

 

Voir à ces sujets :

 

On notera que peuvent être acteurs de ce régime comme sous-traitant des organismes de formation agréés des avocats, mais pas les associés de sociétés d’avocats dotés de plusieurs sociétés (sauf à ce que ladite société demande elle aussi son agrément) :

 

Une nomenclature officielle a été imposée pour ces formations. Pas uniquement pour l’exercice de ce sport national consistant à tout catégoriser, contingenter, juridiciser, mais aussi pour la raison ô combien plus légitime de permettre par une plate-forme en ligne à tous les élus de choisir leurs formations, de comparer les offres.
Voir sur ce point :

 

Voici quelques jurisprudences relatives aux formations qui sont considérées comme étant, ou n’étant pas, adaptées à la formation des élus. 

Il faut distinguer en droit le cadre des formations dans le cadre issu de la loi de 1992, modifié de nombreuses fois, puis celles du DIFE (droit individuel à la formation des élus), d’autre part, avec ensuite un cadre réformé et relativement unifié, désormais, pour ces formations.

Reste que pour ce qui est du lien avec la formation des élus, le cadre reste comparable.

Or, l’agrément ministériel, requis pour ces formations (après instruction par le CNFEL) peut sur ce point donner lieu à des contentieux surprenants.

Citons par exemple un surprenant jugement du TA de Lyon

« Considérant que les formations proposées par la société Jurispublic concernent principalement les aspects juridiques de la gestion des collectivités locales ; que, dès lors, le ministre de l’Intérieur était fondé à estimer qu’un tel programme présentait un caractère étroit et très spécialisé et qu’il n’était pas en adéquation avec les besoins de formation des élus locaux »
(TA Lyon, 30 avril 2002, Société Jurispublic, req. n° 9902476).

Le droit des collectivités locales n’est donc pas au programme des élus locaux. On voit ensuite les résultats. Ou… comment un jugement digne de figurer dans un bêtisier conduit, sur le terrain, à la multiplication des bêtises elles-mêmes.

D’autres décisions de Justice seront moins surprenantes :

 

On le voit : s’impose au delà de la nomenclature susmentionnée, pour le DIFE, une analyse au cas par cas, très subjective, en ce domaine… en pratique, on constate que les formations en matière de communication municipale, par exemple, sont acceptées en début de mandat et refusées en fin de mandat, pour cause de risque (réel) d’usage non pas municipal, mais électoral. S’impose donc une grande vigilance dans les programmes, y compris les détails de ceux-ci, au stade de l’agrément comme des décisions individuelles. 

NB : attention le DIFE peut aussi désormais servir financer des formations contribuant, pour l’élu, « à sa réinsertion professionnelle à l’issue du mandat ». 

 

Formation assurée à Luisant pour l’Association des Maires (je crois), par mon associé N. Polubocsko il y a… fort longtemps.
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