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Sur demande, après expiration d’une concession funéraire, le maire peut-il, et parfois doit-il, délivrer d’autorisation d’exhumation pour extraire des ossements d’un ossuaire ?

Après expiration d’une concession, le maire ne peut refuser l’exhumation de corps déposés dans un ossuaire que pour un motif de police administrative, selon un TA, contredisant sur ce point la position de l’Etat et une pratique fréquente dans les communes. 

 

 

Le régime des fins de concessions funéraires est prévu par divers articles du CGCT :

 

Image par Engin Akyurt (Pixabay)

Sur cette base, les services de l’Etat ont estimé (la mise en gras et souligné étant bien sûr de nous) qu’il :

« […] existe trois hypothèses dans lesquelles, une fois l’exhumation réalisée, les restes mortels sont déposés à l’ossuaire. Il s’agit de la reprise des sépultures en terrain commun, au terme du délai de rotation et de la reprise des concessions funéraires soit parvenues à échéance et non renouvelées dans un délai de deux ans, soit à l’achèvement d’une procédure de constatation d’« état d’abandon ». Lorsqu’un corps est inhumé dans une sépulture en terrain commun, le plus proche parent du défunt peut à tout moment en demander l’exhumation en vue d’une réinhumation dans un emplacement concédé, évitant ainsi le placement d’office à l’ossuaire au terme du délai de rotation. S’agissant de la reprise des concessions parvenues à échéance, la famille dispose d’un droit à renouvellement pendant deux années, auquel le maire ne peut s’opposer. Enfin, la procédure de constatation d’état d’abandon s’étale sur une durée minimum de trois années qui donnent plusieurs occasions à la famille de faire obstacle à l’exhumation des restes mortels. Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que le placement à l’ossuaire est définitif. Dès cet instant, les restes mortels sont placés sous la responsabilité de la commune et la famille ne peut donc plus en disposer. En conséquence, le maire ne peut pas délivrer d’autorisation d’exhumation pour extraire des ossements, même individualisés, de l’ossuaire. »

Source : QE n° 00131 de M. Yves Détraigne (Marne – UCR) JO Sénat du 23/08/2012 – page 1878 (voir ici)

 

Un maire a appliqué à la lettre cette interprétation des services de l’Etat.

Cette position a été censurée par le TA de Nantes. Ce tribunal :

La décision du maire a ainsi été annulée et il lui a été enjoint de réexaminer la demande d’exhumation présentée par la famille.

Source : TA Nantes, 17 novembre 2021, n°1908347

Voir en sens contraire : TA Paris, 4 mai 2017, n°1608066/4-3. Voir ici. 

 

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