Site icon

Le Conseil d’Etat ouvre grandes les portes des recours pour excès de pouvoir contre les codifications « à droit constant »

Une codification à droit constant est par définition confirmative des dispositions antérieures. Donc une ordonnance de codification législative à droit constant, ou un décret ou un arrêté de codifications réglementaires à droit constant ne devraient pas pouvoir donner lieu à recours pour excès de pouvoir, ces actes étant purement confirmatifs.

Mais une codification n’est jamais réellement, entièrement, à droit constant, comme encore très récemment le Code général de la fonction publique (voir ici et ) en témoigne.

Alors, pragmatique, le Conseil d’Etat vient de poser que :

 

En 1979, le Conseil d’Etat avait tenu un raisonnement inverse dans le cas d’une codification purement réglementaire n’étant pas la suite d’une codification législative (faite ou non par voie d’ordonnance).

Source : CE, Ass., 12 octobre 1979, Rassemblement des nouveaux avocats de France et autres, n°01875 et autres, rec. p. 370

Ce raisonnement pour la partie réglementaire d’un code ne semble pas, dans les nouvelles formulations du Conseil d’Etat, indissolublement liée au fait que la codification réglementaire est la conséquence de la codification législative. Donc on peut penser que la jurisprudence de 1979 est remise en cause aussi par cette nouvelle décision de la Haute Assemblée. Ceci dit, cette distinction entre codification réglementaire à droit constant résultant ou non d’une modification législative (même à droit constant) reste très présente dans cette nouvelle décision de 2022 comme elle l’avait été dans la décision précitée de 2018. Un doute peut donc encore subsister sur ce point précis.

 

Source : Conseil d’État, 24 février 2022, n° 450285, à mentionner aux tables du recueil Lebon

 

Quitter la version mobile