Site icon

Le « retour terrain » du vendredi

Chaque vendredi, un des 4 pôles du cabinet Landot & associés diffuse un petit « retour terrain » : une expérience vécue. 

Nous ne diffusons pas des informations sur les dossiers les plus connus, les plus emblématiques :

• d’une part parce que le secret professionnel s’en trouverait violé, 
• et d’autre part parce que le but de cette chronique est justement de montrer le travail quotidien, ordinaire mais passionnant, tel que nous le vivons avec nos clients, à la manière d’un petit « retour sur expérience »

Aujourd’hui, un petit « retour de terrain » du pôle « TEI ». 

____________

En cette période de fin de mandat, de nombreuses structures commencent à s’organiser pour anticiper la gouvernance de 2026. Bien entendu, on pensera aux EPCI à fiscalité propre qui sont en train de simuler leur gouvernance et sont à la recherche du Graal (ou de leur chouette d’or) : l’accord local. Comme le Graal, nombre de communautés se demandent s’il existe, comme pour la chouette d’or, nombre d’entre eux se demandent s’ils ont réellement trouvé un accord. Nous vous renvoyons sur ce sujet à notre billet sur le sujet.

Mais l’exercice pour les communautés reste très encadré et ne laisse, au final, que peu de libertés (pour ne pas dire, dans nombre de cas, aucune).

En réalité, les syndicats ne sont pas en reste. Confrontés en fin de mandat à des difficultés régulières d’absentéisme, d’absence de quorum, nombre de nos clients syndicaux engagent une réflexion sur leur gouvernance. Dans les domaines de l’eau, nombreux sont les syndicats qui pensaient n’engager ce chantier qu’en 2026, à la faveur de la substitution des communautés de communes aux communes.  Sauf que, depuis la publication de la loi du 11 avril on sait, pour ainsi dire, que rien ne changera … ce qui change tout sur ce chantier de la rationalisation de la gouvernance : il faut repenser la gouvernance à membres constants et ne pas compter à court terme sur la diminution des membres.

Comment rationaliser ?

Pour rationaliser la gouvernance, il faut principalement s’attaquer à la représentation au sein du comité syndical. Nombre de structures s’appuient encore sur la règle par défaut de deux délégués par membre conformément au L.5212-7 du CGCT. Souvent perçu comme un gage d’équilibre entre les communes qui ont toutes le même poids quelle que soit sa taille, on peut débattre sans fin de la légitimité d’une telle représentation. Elle dépend sans doute des compétences du syndicat, de son territoire.

On relèvera en tous cas qu’il est tout à fait possible de recourir à des règles de répartition différentes, le tout étant de s’appuyer sur des critères objectifs assurant une égalité de traitement entre les membres (égalité n’étant pas synonyme d’uniformité, mais chaque commune de profil similaire selon des critères objectifs, doit avoir la même représentation).

Le critère de la population doit sans doute exister dans la grille d’analyse, par sécurité, en raison de la jurisprudence du Conseil constitutionnel « commune de Salbris », laquelle bien qu’adoptée pour les EPCI à fiscalité propre, était formulée en des termes plus généraux (décision n°2014-405 QPC du 20 juin 2014, « Salbris », voir également ici).  Bien souvent on s’appuiera sur la population municipale (ramenée au territoire d’adhésion pour les EPCI membres) mais rien ne semble s’opposer à la prise en compte de la population DGF dans certains cas lorsqu’il existe de grandes variations et que la prise en compte de cette population a du sens sur le territoire (ex: un syndicat de montage structurant, où cette population est très différente de la population municipale seule alors que les services rendus s’adressent à l’ensemble de la population permanente, secondaire et temporaire).

Mais d’autres critères techniques propres au territoire auront leur pertinence :

Il est important de rechercher du sens dans ces critères. Il est important d’éviter aussi une usine à gaz et éviter de recourir à des critères qui eux-mêmes peuvent faire débat. Il est aussi important de préciser dans les statuts à notre sens que les critères sont figés pendant la durée du mandat pour ne pas réévaluer en permanence les sièges.

Mais chercher des nouveaux critères ne suffit pas toujours à atteindre une taille assurant plus facilement l’atteinte d’un comité plus restreint, avec un quorum plus facile à atteindre. Il importe parfois de recourir à d’autres outils. On citera, par exemple :

Avec quels points de vigilance ?

Il n’y a pas de « recette miracle », du fait que la bonne gouvernance sera bien entendu a travailler avec les élus et sera propre à chaque territoire.

D’où cette première mise en garde : méfiez-vous de la proposition qui n’aura pas fait assez l’objet de concertation. La révision de la gouvernance supposera une révision des statuts, il est donc important que la réforme engagée soit présentée, travaillée avec les élus et expliquée largement. Il n’est pas rare qu’un projet travaillé en bureau soit rejeté ensuite au stade des délibérations des communes par incompréhension de la démarche.

On relèvera d’autres points de vigilance :

Quitter la version mobile