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Le secret des échanges entre un avocat et son client, au pénal, commence fort tôt

Dans l’affaire des écoutes d’un certain Paul Bismuth, on a vu les échanges entre un avocat et son client (certes sous pseudo) être écoutées et utilisées, après des découpages et des utilisations d’extraits décousus qui ne manquent pas d’interroger (quelle que soit l’appréciation que l’on aura de la pertinence de la décision de Justice qui, de toute manière, s’impose en droit).

Reste que de temps en temps la Cour de cassation nous rappelle que le secret des échanges entre les avocats et leurs clients reste quand même protégé, en droit. Même si c’est un échange préliminaire. Même si c’est avec un avocat avec qui l’on ne poursuivra pas finalement. Même si les échanges n’ont pas défini la future stratégie de défense.

La Cour de cassation vient de :

« résulte des articles 66-5 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, préliminaire et 56-1, alinéa 2, du code de procédure pénale que sont notamment insaisissables les documents afférents à la consultation d’un avocat relevant de l’exercice des droits de la défense et couverts par le secret professionnel de la défense et du conseil. En conséquence, ne justifie pas sa décision la chambre de l’instruction qui refuse d’annuler la saisie d’un document susceptible de se rapporter à la consultation par téléphone d’un avocat sur des faits objet d’une poursuite pénale, par une personne ayant eu des relations commerciales avec la personne mise en examen, peu important que l’échange retranscrit n’ait pas tendu à la mise au point d’une défense ou que, ultérieurement, au moment de son interpellation, elle n’ait pas fait le choix du même avocat pour l’assister ».

A noter : le secret s’étend donc à l’ordinateur de l’avocat ; le juge n’a pas la possibilité de regarder comme non couvert par le secret une note d’avocats au motif qu’elle lui semblerait légère ; peu importe le support (papier ; fichier numérique…

Ceci dit, attention à quelques points :

Source :

Cass. crim., Formation restreinte hors RNSM/NA, 3 mars 2026, n° 25-85.994, au Bull. 

 

 

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