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EPCI : peut-on avoir un membre du bureau ou un président… n’ayant pas de droit de vote ?

Dans les EPCI à fiscalité propre (voire les syndicats), il y a maintien des exécutifs en place avant le 15 mars.

Et cette solution provisoire va durer puisqu’on ne va renouveler à court terme que les exécutifs des intercommunalités qui ne sont composées que communes ayant vu leur conseil municipal réelu en entier dès le 15 mars dernier. 

Cela veut dire qu’il suffit d’une commune dans le périmètre intercommunal ayant besoin d’un second tour… pour que l’exécutif en place avant le 15 mars reste en place. En entier. Avec un organe délibérant « mixé » entre nouveaux et anciens élus. Et donc possiblement avec un président et/ou d’autres membres du bureau qui assureraient des fonctions exécutives… sans être membres de l’assemblée délibérante.

Par exemple on pourrait avoir un président qui ne s’est pas représenté, dans une commune où l’élection a été acquise au premier tour des municipales… et qui continuerait à présider pendant quelques semaines, ou quelques mois, une communauté ou une métropole au motif que dans cet EPCI au moins une commune avait besoin d’un second tour. Mais qui n’aurait pas de droit de vote au sein du conseil communautaire ou métropolitain qu’il préside. Telle est d’ailleurs aussi l’interprétation de la DGCL. 

C’est Ubu roi, mais avec Ubu n’ayant même pas le droit de vote chez lui.

Bienvenue en absurdie, où jamais ne nous guette l’ennui. 

 

 


 

 

EPCI : peut-on avoir un membre du bureau ou un président… n’ayant pas de droit de vote ?

Oui et ce n’est pas le moindre des paradoxes du droit institutionnel intercommunal un peu baroque, dit « mixé » que l’on nous a bâti pour la période :

 

… période qui peut durer entre… Quelques semaines si le second tour a lieu en juin et quelques mois si on réorganise ces élections à la rentrée voire au printemps prochain. Voir :

 

 

Il en résulte une période intermédiaire complexe :

 

Pour les intercommunalités où au moins une commune requiert un second tour, nous en restons pour l’essentiel à ce qui avait été acté fin mars et qui est une véritable usine à gaz. Voir :

 

Pour les établissements publics de coopération intercommunale ((EPCI) à fiscalité propre (communauté de communes ou d’agglomération, communauté urbaine, métropole), voici la loi résumée :

 

Dans ces communautés ou métropoles, celles très majoritaires où au moins une commune a besoin d’un second tour…  les exécutifs en place avant le 1er tour vont rester aux commandes avec délégation au Président des compétences de l’article L. 5211-10 du CGCT.

Voir :

 

Ce maintien en fonction, dans ces communautés et métropoles, s’applique aussi désormais clairement aux membres du bureau qui ne sont pas président ou vice-président ; voir sur ce point l’ordonnance 2020-562 du 13 mai 2020, commentée ici : Décorticage de l’importante ordonnance de ce matin relative aux institutions des collectivités locales (dont les futures installations de conseils municipaux) ).

 

… et ce MÊME POUR DES ÉLUS QUI NE SONT PLUS MEMBRES DE L’ORGANE DÉLIBÉRANT.

Cela revient à dissocier quelques semaines ou mois durant la qualité de membre de l’exécutif (qui n’est éligible à atteindre cette fonction que s’il est membre de l’organe délibérant) de la qualité de membre de l’organe délibérant. Est-ce que sur ce point l’ordonnance est légale ? Viole-t-elle par exemple un principe constitutionnel ? Ce point est d’ores et déjà débattu même s’il ne faut pas sous-estimer la grande capacité de compréhension du juge administratif et du juge constitutionnel en ces temps d’état d’urgence sanitaire.

Surtout, et c’est là où nous voulions en venir, ceux des membres de l’exécutif intercommunal qui ne sont plus membres du conseil communautaire ou métropolitain n’auront en revanche plus de droit de vote pour les délibérations dudit conseil et ne seront plus pris en compte dans le calcul du quorum. 

NB : c’est aussi la position des services de l’Etat : voir Installation des conseils municipaux : après le décret, voici une note et une circulaire 

 

Cela veut dire qu’il suffit d’une commune dans le périmètre intercommunal ayant besoin d’un second tour… pour que l’exécutif en place avant le 15 mars reste en place. En entier. Avec un organe délibérant « mixé » entre nouveaux et anciens élus. Et donc possiblement avec un président et/ou d’autres membres du bureau qui assureraient des fonctions exécutives… sans être membres de l’assemblée délibérante. Par exemple on pourrait avoir un président qui ne s’est pas représenté, dans une commune où l’élection a été acquise au premier tour des municipales… et qui continuerait à présider pendant quelques semaines, ou quelques mois, une communauté ou une métropole au motif que dans cet EPCI au moins une commune avait besoin d’un second tour.

 

Et dans les syndicats me direz vous ? Et bien c’est pareil… sauf qu’en plus le maintien en fonctions des exécutifs :

 

 

Conclusion en attendant que le juge n’ait peut être un jour à trancher de tels embrouillaminis :

 

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