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Que retenir du nouvel arrêté sur le droit individuel à la formation des élus locaux (DIFE) ?

A été publié, au JO du 16 septembre 2026, l’arrêté du 28 août 2026 portant diverses mesures applicables au droit individuel à la formation des élus locaux (NOR : ATDB2621659A) :

 

Pour les épisodes précédents de cette saga, voir :

 

Avec d’ailleurs pas mal d’inconnues encore dans ce, ou plutôt, s’agissant de la formation des élus locaux, de ces régimes.

Ce nouvel arrêté est un arrêté modificatif de l’arrêté du 12 juillet 2021 et un autre arrêté du 16 février 2021 relatif au coût horaire, avec un affichage de montants pour les droits acquis passant de 400 à 600 € annuels, ce qui de prime abord semble très positif.

Mais il faut en ce domaine voir la réforme dans son ensemble pour l’apprécier et, en réalité, la relativiser.

Paramètre Jusqu’au 30 novembre 2026 À compter du 1er décembre 2026 Évolution
Droits acquis annuellement 400 € 600 € + 50 %
Plafond du compte 800 € 1 200 € + 50 %
Coût horaire maximal 80 € HT 100 € HT + 25 %
Participants par session 15 25 + 67 %

Mais, si les organismes facturent au plafond, le pouvoir d’achat effectif passe seulement :

La hausse des droits de 50 % est donc partiellement absorbée par celle du tarif horaire. C’est, à mon sens, le premier élément qui n’apparaît pas dans les communications officielles.

Le rapport Delautrette d’avril 2026 préconisait de « rétablir un certain équilibre économique sur le marché » en portant simultanément :

 

Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/colter/l17b2686_rapport-information

Cette recommandation a été reprise presque textuellement. Or, si la tarification est appliquée par heure et par élu, la recette théorique maximale d’une session collective passe :

Soit une hausse potentielle de plus de 100 % pour une session remplie. L’arrêté vise donc fortement à restaurer l’attractivité économique du marché pour les organismes de formation, et pas seulement à augmenter les droits individuels.

De fait, les tarifs antérieurs étaient vraiment de nature à être dirimants (surtout combinés avec la lourdeur des procédures à respecter) sauf à imaginer des formations avec de nombreux apprenants en même temps, ce qui ne correspond pas à l’état du marché. D’autant que les élus ne se pressent pas au portillon :  ledit rapport Delautrette constatait notamment :

Le même rapport proposait surtout de permettre à chaque nouvel élu de disposer immédiatement de 800 € la première année, utilisables sur deux ans, plutôt que d’attendre la constitution progressive de ses droits.

Cette proposition, pourtant assez pertinente après un renouvellement général, n’a pas été reprise. Le Gouvernement a préféré :

Il n’a pas réglé les principaux obstacles au recours au DIFE relevés par le rapport :

L’arrêté entre en vigueur le 1er décembre 2026, mais indique que les droits sont portés à 600 € « à compter de l’année 2026 ».

Cette rédaction implique probablement une régularisation du millésime 2026 : les élus devraient recevoir un complément de 200 €, le nouveau plafond de 1 200 € permettant de le créditer. Cela correspond aussi à l’article R. 1621-7 du CGCT, qui impose de fixer la valeur annuelle pour une période de trois ans : le montant de 400 € concernait 2023-2025 et le nouveau montant devrait logiquement concerner 2026-2028.

Néanmoins, l’arrêté ne précise ni :

Je n’ai trouvé, à ce stade, aucun commentaire officiel apportant une réponse

L’arrêté étant paru le 16 septembre, les commentaires disponibles sont encore peu nombreux :

Au total cette réforme améliore réellement le financement et peut encourager l’apparition d’une offre plus abondante. L’excédent du fonds rend cette revalorisation financièrement compréhensible. Mais elle comporte trois limites :

  1. le gain réel pour l’élu n’est que de 20 % en nombre d’heures si les prix s’alignent sur le nouveau plafond.
  2. l’augmentation à 25 participants favorise fortement le modèle économique des organismes, mais peut dégrader la qualité des formations interactives. Une distinction selon la nature de la formation aurait été préférable.
  3. elle traite l’offre et les prix, mais très peu le non-recours à ces formations. Or le rapport montre que le principal problème réside aussi dans la complexité administrative, l’information et l’accompagnement.

En résumé : c’est davantage un choc de solvabilisation du marché de la formation qu’une réforme complète de l’accès des élus à la formation. Le bénéfice pour les élus sera réel si les organismes n’absorbent pas la hausse des droits par une hausse générale des tarifs et si la Caisse des dépôts clarifie rapidement le crédit complémentaire dû au titre de 2026.

Formation assurée à Luisant pour l’Association des Maires (je crois), par mon associé N. Polubocsko il y a… fort longtemps.
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