Site icon

Les piscines font plonger les comptes publics

 

« Les piscines et centres aquatiques publics : un modèle obsolète ». Tel est le titre, sans « concession », d’une sous partie du rapport public annuel de la Cour des comptes. 

 

D’un côté, on pourrait sourire : les magistrats de la rue Cambon découvrent que l’eau mouille les comptes publics et font plonger les budgets. Ce que tout praticien déplore depuis qu’il sait nager dans les eaux du monde territorial.

 

D’un autre, côté, il est bon qu’enfin quelqu’un ose l’écrire. Oui le modèle français de gestion des piscines publiques prend l’eau.

 

Alors tout d’abord rappelons pour rester politiquement correct quelques vérités:

 

MAIS notre pays a parfois un sur-équipement et une sous-utilisation de ces infrastructures qui conduisent à ce qu’un nageur, sans que l’on sache pourquoi, coûte infiniment plus cher que tout autre usager des services publics sportifs.

NB : pour les 36547687354 nageurs qui ont envie de me conspuer à la lecture de ce blog, envoyez moi donc un courriel à « cecinestpasmonemail@allezdoncenquiquinerautrui.fr »

 

Que dit la Cour ? Voici le plan de la sous-partie dédiée à ce sujet :

« l’offre de ces piscines et centres aquatiques publics sur le territoire répond à un modèle ancien (I) et […] leur financement devient complexe au regard de leur déficit (II), ce qui impose que leurs modalités d’exploitation techniques et financières soient sérieusement améliorées (III).»

 

La Cour des comptes déplore :

Et la Cour des comptes de suggérer :

 

Sur ces deux derniers points, tout à fait centraux, l’auteur de ces lignes se permettra quelques remarques personnelles, disjointes donc de ce qui ressort de ce rapport de la Cour des comptes :

  1. Oui les DSP en ce domaine sont encore insuffisamment contrôlées dans nombre de territoires au contraire de ce qui s’est généralisé en matière de DSP eau par exemple.
  2. il n’est vraiment pas toujours facile de trouver des BET indépendants des délégataires comme des affaires — y compris pénales — l’ont montré ces deux dernières années et comme notre pratique professionnelle nous le fait déplorer…
  3. la Cour des comptes aurait été bien inspirée de plus nettement justifier le recours scandaleux aux montages PPP+affermage qui a été vendu au kilomètre par des BET à des collectivités pour lesquelles ce montage était trop coûteux et inadapté techniquement…

 

 

Dans ce contexte, la Cour formule les recommandations suivantes

 

À l’État :

  1. simplifier ou supprimer le soutien de l’État au financement de la construction de piscines et de centres aquatiques.

Aux collectivités territoriales et à leurs groupements :

  1. évaluer de façon systématique la pertinence d’un transfert des piscines et centres aquatiques communaux aux EPCI à fiscalité propre ;
  2. présenter aux assemblées délibérantes, à l’appui des projets validant la construction ou la rénovation d’une piscine ou d’un centre aquatique, la projection des dépenses de fonctionnement et d’investissement pour les années suivant la mise en service ;
  3. développer le suivi analytique des dépenses d’exploitation des piscines afin de mesurer le coût du service rendu aux usagers ;
  4. faire adopter par les assemblées délibérantes une stratégie globale précisant les missions et les objectifs assignés aux piscines publiques afin d’éviter la concurrence des usages entre les différentes catégories d’utilisateurs.

 

Tout praticien des collectivités locales sera d’accord sur les points 1 à 4 de la partie sur les collectivités locales… et craindra les conséquences que l’Etat tirera du point 1 qui lui est dédié. Mais bon, pour ce que l’on réussit à tirer comme financement de l’Etat en ce domaine, désormais…

 

Voici ce rapport :

 

les piscines prennent l’eau rapport cc

 

 

 

 

Iconographie : magistrat de la Cour des comptes en pleine investigation in situ 

 

 

Quitter la version mobile