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Réflexions sur l’avenir de la séparation ordonnateur-comptable

Photo : coll. pers. ; photo prise, bien naturellement, au sein du bâtiment de la Cour des comptes ; DR

Les deniers publics sont à manier avec deux acteurs distincts, aucun ne pouvant contrôler l’autre : l’ordonnateur d’une part (qui seul peut décider dudit maniement, pour schématiser) et le comptable d’autre part (qui, seul, peut manier lesdits deniers ou qui, sinon, en surveille le maniement — en cas de régies de recettes ou d’avances notamment).

Cela est bel et bon… et beau comme l’antique. Sauf que comme toute antiquité, cela commence à se fissurer de toute part.

 

Au nombre des exemples de cet affaiblissement notons : les centres de traitement et de paiement uniques (où ce sont les ordonnateurs qui liquident) ; le développement des agences comptables intégrées ; la possible apparition à bref délai (il en est de plus en plus question…) du compte financier unique (qui mettrait fin à la séparation entre compte administratif et compte de gestion). 

 

Ajoutons que la responsabilité pécuniaire actuelle du comptable :

 

Il en résulte toute une série de réformes que nous avions il y a peu présentées en vidéo :

 

De toutes ces évolutions, celle vers le compte financier unique est sans doute la moins inquiétante et la moins polémique… mais elle va dans le même sens (moins de distinction comptable public / ordonnateur).

Elle rejoint d’ailleurs d’autres mouvements en cours (centres de traitement et de paiement uniques où ce sont les ordonnateurs qui liquident ; développement des agences comptables intégrées…).

Il est donc question de généraliser ce compte financier unique dans les collectivités à l’instar de ce qui a été fait  dans le monde hospitalier ou EPLE (collèges et lycées notamment). Voir à ce dernier sujet :

 

Dans le même sens se trouve au niveau des établissements publics de l’Etat l’évolution des fonctions (de plus en plus a postériori et non a priori) des contrôleurs budgétaires glisserait vers un contrôle de gestion au fil de l’eau et a posteriori (décision du deuxième comité interministériel de la transformation publique – CITP). Voir :

 

Pendant ce temps, des réformes audacieuses sont proposées :

 

Plus posément, sont d’ores et déjà expérimentées (mais avec un très faible succès en nombre de volontaires…) pour qui veut dans le monde local :

 

voir donc :

 

C’est sur ce dernier point, notamment les comptes financiers uniques et les expérimentations des agences comptables dans le secteur public local que les relations entre l’AMF et l’Etat s’enflamment, quoique ces mesures ne soient qu’expérimentales pour cause de transferts de charges (voire de risques de gestion de fait pour cause d’imprécisions sur le contrôle de l’ordonnateur ?). Voir :

 

Maintenant, imaginons que nous supprimions réellement la séparation entre ordonnateurs et comptables. Que faudrait-il faire ?

 

Il nous semble qu’il faudrait surtout en pareil cas :

 

Le constat ci-dessus est souvent formulé par les spécialistes, et l’on y retrouve moult propositions formulées par le SJF, comme évoqué ci-avant. Mais il me semble qu’on oublie alors que ce chantier serait fort vaste, plus vaste que je ne le vois évoqué ci-avant :

Pour des raisons qui tiennent autant à la Chancellerie qu’à la Cour des comptes, je ne verrai pas tout ceci de mon vivant. Mais ces pistes me semblent à explorer pour rendre efficace une atténuation, voire à terme une disparition, de la séparation entre ordonnateurs et comptables qui tend à être de plus en plus souhaitée sans, me semble-t-il, qu’on en voie toujours les conséquences.

A tout le moins, en attendant, peut-on plus aisément :

 

Il est frappant de voir le sujet être ces temps-ci débattu, commenté, mais rarement pris officiellement à bras le corps dans toutes ces composantes. La démarche des petits pas à ses mérites. Mais elle trouve ses limites si ces petits pas ne tracent pas un chemin clair et sécurisé.

 

 

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