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Quelle réforme pour la moralisation de la vie publique ? Première analyse du contenu des futures lois.

François Bayrou, ministre d’État, garde des Sceaux, ministre de la Justice a entamé une série de consultations le 22 mai 2017 en recevant place Vendôme deux associations de lutte contre la corruption et le député René Dosière. Le projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres avant les élections législatives de juin. Voici un premier état des lieux de ce pré-projet de réforme. 
Le ministre de la Justice a lancé ce lundi le chantier qui doit aboutir au projet de loi sur la moralisation de la vie politique en recevant à la Chancellerie les représentants de Transparency International France et d’Anticor ainsi que le député René Dosière qui vient de remettre un rapport à ce sujet (voir photo ci-dessous).

 

 

Ce projet de loi :

« est d’une importance capitale pour que les citoyens retrouvent un sentiment de confiance en ceux qui s’expriment en leur nom »

[…]

« Mon intention est de proposer un texte clair, lisible, qui changera de manière déterminante les situations qui font naître des soupçons. Je veux aller très vite pour que tous les citoyens voient quel va être le cadre de l’action publique, mise à l’abri des conflits d’intérêts. »

… a insisté le garde des Sceaux.

Deux ou trois lois, dont une constitutionnelle, avec des débats ouverts

 

 

Pas moins de trois textes devraient être déposés :

 

Les projets de lois doivent être déposés sur la table du Conseil des ministres avant les élections législatives de juin. Le Ministre a lancé un appel à un débat ouvert, ensuite, sur ces textes, indiquant que tout ajout serait le bienvenu.

Le Ministre a présenté sa réforme en trois thèmes .

 

« En finir avec le deux poids deux mesures autant que faire ce pourra […] »

 

 

Deux thèmes symboliques feront sans doute l’unanimité :

 

 

« Mettre en place les règles nécessaires pour prévenir […] les conflits d’intérêts »

 

Ce second thème a souvent été traité sous l’angle purement répressif. Remarquons donc le caractère très préventif et opérationnel des mesures envisagées :

 

« Assainir et garantir l’exercice équilibré de la démocratie »

 

Suit ensuite un fourre-tout de réformes dont il faut saluer le courage car certains thèmes sont fort impopulaires chez les élus concernés (pensons à la réserve parlementaire par exemple) et car les pratiques de contournement sont d’ores et déjà intégrées au dispositif (cas des recrutements croisés, qui sont pris en compte). Ces mesures sont notamment :

« s’élevait à 90 millions d’euros pour l’Assemblée nationale, dont 81,86 millions consommés, et 56 millions pour le Sénat, dont 53,32 millions utilisés. »
(source Le Monde : http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/06/02/fin-de-la-reserve-parlementaire-pour-echapper-au-clientelisme_5137684_823448.html#SoQIdxPOpIWlyHm4.99

 

Un texte ambitieux

 

Certains noterons que tel ou tel point manque. Par exemple ce texte reste muet sur les intérêts des élus au titre de leurs anciennes fonctions salariées, etc.

Mais ce texte ne manque vraiment pas d’ambition. A suivre..

 

Voici la vidéo de l’intervention du Garde des Sceaux :

 

 

 

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