Ehpad : la CNIL estime que les caméras de surveillance sont interdites dans les chambres (sauf cas rares).
Lorsque j’assurais des formations sur la responsabilité des directeurs d’établissements sociaux ou sanitaires et sociaux, la question de la responsabilité sur les événements survenant dans les chambres était une des plus complexes, surtout hors milieu hospitalier. En raison, pour schématiser à très grands traits, d’une assimilation desdites chambres au domicile des personnes hébergées. Avec des différences selon les cas (notamment entre mineurs et majeurs non protégés)… et pas mal d’incertitudes juridiques.
C’est dans ce cadre que la CNIL vient de confirmer que, pour elle, les dispositifs de vidéosurveillance dans les chambres des résidents NE sont envisageables QUE « pour assurer la sécurité des personnes hébergées dans le cadre d’une enquête pour maltraitance », ce qui selon la CNIL impose que ces deux conditions soient réunies :
- en cas de suspicion étayée de mauvais traitements (hématomes constatés, changements comportementaux, etc.) malgré les dispositifs alternatifs mis en place pour assurer la sécurité des personnes hébergées (par exemple, un bouton d’appel d’urgence sans fil, des procédures de signalement et de suivi d’événements préoccupants, la création d’équipe de travail afin de permettre l’intervention des soignants en binôme) ;
- ET après échec des procédures d’enquêtes n’ayant pas permis de détecter une situation de maltraitance, dès lors qu’un doute subsiste.
Avant la mise en place d’un dispositif de vidéosurveillance, l’établissement doit notamment respecter les garanties suivantes :
- limiter l’activation dans le temps ;
- désactiver le dispositif de vidéosurveillance lors des visites des proches, sauf si le soupçon de maltraitance porte sur ces derniers ;
- établir et appliquer un cadre interne quant aux conditions justifiant l’installation d’un dispositif de vidéosurveillance. Cette procédure devrait avoir été préalablement présentée au Conseil de la vie sociale (CVS), qui pourra formuler des propositions ;
- informer les salariés de manière individuelle et collective quant à la possibilité que des dispositifs de vidéosurveillance soient installés au sein des chambres des résidents ;
- recueillir le consentement des personnes hébergées ou lorsque la personne n’est pas en mesure de consentir, celui-ci devra être recueilli dans le respect des règles spécifiques liées à la protection des majeurs ;
- « flouter », dans la mesure du possible, les parties intimes de la personne concernée dès lors que les soins qui lui sont apportés sont réalisés dans son lit ;
- insérer au sein du règlement intérieur la possibilité qu’un dispositif de vidéosurveillance soit mis en place dans la chambre d’un résident en cas de suspicions fortes de maltraitance et y faire notamment figurer les modalités de visionnage ;
- lorsque la demande émane de la famille ou des proches, l’installation d’un tel dispositif devrait être réalisée en concertation avec l’établissement, tenant compte des procédures d’enquêtes, du respect du cadre interne en matière de faisceaux d’indices, de l’information du personnel, le cas échéant ;
- sensibiliser et former le personnel chargé de gérer et de mettre en œuvre ces dispositifs.
Par ailleurs, pour assurer la sécurité des personnes hébergées en cas de chute ou d’accident, la CNIL rappelle que des dispositifs autres que ceux utilisant la vidéosurveillance peuvent être mis en place (capteurs de présence placés sous le sol et susceptibles de détecter la moindre anomalie, bracelet susceptible de détecter une chute brutale grâce à un accéléromètre, capteurs/boitiers infrarouges capables de détecter une chute et d’envoyer un message d’alerte au personnel, etc.).
Avec ce graphique dans le corps même de la délibération de la CNIL :

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