Quelles sont les possibles stratégies de réindustrialisaiton de la France ? Avec quels effets sur l’emploi ? Sur les ressources naturelles ? Sur la décarbonation ?

France Stratégie a diffusé une éclairante étude prospective sur les impacts d’une réindustrialisation en France (en termes de ressources potentiellement nécessaires pour y parvenir – main-d’œuvre, énergie, ressources naturelles
telles que l’eau ou le foncier, etc. –, ainsi que les effets possibles sur les émissions de CO2 et sur certaines variables macroéconomiques).

Ce travail de prospective doit aider les pouvoirs publics à déterminer le réalisme et le caractère souhaitable de chacun de ces scénarios, afin de sélectionner les leviers de réindustrialisation les plus adéquats pour parvenir au scénario choisi.

Huit scénarios de plus ou moins forte réindustrialisation ont été construits sur la période 2022-2035. Ces scénarios se différencient par la part qu’atteint en 2035 la valeur ajoutée manufacturière exprimée en pourcentage du PIB – 8 %, 10 %, 12 % ou 15 % – et pour certains par un accent mis sur les branches manufacturières considérées comme technologiques, sur les branches dites « en amont » (les plus éloignées du consommateur final) ou sur celles « en aval » (les plus proches du consommateur final). Les scénarios de plus forte réindustrialisation vont de pair avec une croissance du PIB plus élevée, qui intègre l’effet d’entraînement « mécanique » dans certains services associés à l’industrie manufacturière.

Trois enjeux, par scénario, sont étudiés :

la main-d’œuvre, l’emploi, tout d’abord. L’industrie manufacturière compte 3,1 millions d’emplois en 2022, soit environ 11 % des emplois en France métropolitaine. Les besoins en emplois liés à la réindustrialisation
dépendent du niveau de croissance de la valeur ajoutée manufacturière et des gains de productivité de l’industrie manufacturière, qu’on suppose de 1,8 % par an de 2022 à 2035 dans notre exercice. Une industrie manufacturière à 12 % du PIB pourrait nécessiter la création de 740 000 emplois entre 2022 et 2035, dans le cas où la réindustrialisation se ferait essentiellement par les secteurs aval et technologique. Dans le cas d’une réindustrialisation par l’amont, les emplois progresseraient moins vite, avec potentiellement 580 000 emplois créés d’ici 2035.
En termes de métiers, les ouvriers qualifiés et les techniciens et agents de maîtrise seraient évidemment (les tâches les plus d’exécution étant mécanisées) les premiers bénéficiaires, en nombre, d’une réindustrialisation à 12 % du PIB, quel que soit le scénario considéré. Néanmoins, en relatif, la croissance des effectifs serait la plus forte (plus de 30 %) parmi les ingénieurs et cadres de l’industrie et les personnels d’études et de recherche exerçant dans les secteurs manufacturiers. Le besoin en emplois qualifiés augmenterait nettement plus vite que la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB.
Ces créations d’emplois potentielles se heurtent au constat de tensions déjà existantes sur de nombreux métiers industriels aujourd’hui et qui risquent de se creuser ces prochaines années.

• Énergie et émissions de CO2, ensuite. Avec l’obligation de décarboner tout en réindustrialisant

• Ressources naturelles, enfin : le sol et l’eau, ressources sous pression

Sur ces deux points, puis sur la conclusion, voici l’intégrale de la synthèse du rapport 

NB : pour les acteurs de l’eau voir les pages 59 et 60 notamment. 

 

Voici ce rapport :

https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2024-dt-mission-industrie.pdf

NB : auteurs François Belle-Larant, Coline Bouvart, Grégory Claeys, Ruben Fotso, Maxime Gérardin et Nassim Zbalah

 


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