Espèces protégées et… autres espèces protégées… et humains. Nouveau rebond d’un dilemme… et d’un duel à trois

C’est un duel à trois protagonistes :

Soit un duel à trois :

Source : duel final du film « Et pour quelques dollars de plus » de S. Leone, 1965.

 

Mais un duel à trois encore plus atypique que ceux de Sergio Leone… et que l’on peut résumer ainsi :

 

Résultat ? C’est l’humain qui perdit. Tant mieux pour les autres espèces vivantes. Mais l’humain pourra in fine gagner cette partie s’il a l’habileté de prévoir de vraies mesures de compensation pour les coraux et autres poissons.

Voici l’histoire.

Par un arrêté du 9 décembre 2024, le préfet de La Réunion a délivré, à la demande de la commune de Petite-Ile, une autorisation environnementale portant sur le projet d’extension du bassin de baignade de Grande-Anse.

Début février 2025, plusieurs associations, ainsi qu’un particulier, ont saisi le juge des référés pour obtenir la suspension de l’autorisation (ce qui impose que le juge des référés constate un moyen sérieux, d’une part, et une urgence à statuer, d’autre part).

Le juge des référés du TA de La Réunion, après avoir rappelé les règles applicables à la protection de l’environnement et notamment aux récifs coralliens et aux écosystèmes associés, a constaté que le projet d’aménagement en cause consiste principalement à réaliser un important bassin de baignade de 6 400 m² créé par extension du bassin d’origine de 3 500 m² au moyen d’enrochements réalisés en mer. Il a également relevé que lesdits enrochements impliqueront la destruction directe de 114 m² de coraux parmi les 451 m² de coraux existants dans l’emprise du projet de bassin, lesquels représentent 47 espèces différentes et se caractérisent par un intérêt considérable au niveau de la biodiversité.

Le juge des référés a donc conclu que l’atteinte à la biodiversité subie par le site du fait de cette réduction du récif corallien était constitutive d’une perte nette de biodiversité et devait faire l’objet de mesures de compensation. Or, à cet égard, le juge a estimé, qu’en l’état du projet, les mesures de compensations envisagées étaient insuffisantes dès lors qu’elles ne permettaient pas d’assurer la régénération du corail.

En conséquence, le juge des référés a considéré que les deux conditions légales pour ordonner la suspension de l’autorisation étaient remplies et a fait droit à la demande.

Source :

TA La Réunion, ord., 18 mars 2025, ARBRE et autres, n°2500173


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