La triste histoire du Banksy voyageur

C’est une triste histoire qui commence dans l’atrocité meurtrière et s’achève en pantalonnade juridique.

  • L’heure des morts. 
    Première étape. Le Bataclan. Le 13 novembre 2015.
  • L’incarnation du deuil. 
    En juin 2018, Bansky peint une très émouvante oeuvre, La jeune fille triste, sur une porte extérieure du Bataclan. 
  • Le vol immonde 
    Cette porte, avec l’œuvre qui la magnifie, est disquée puis volée en 2019 par trois malfrats qui seront, plus d’un an après, arrêtés en Italie avant que d’être, en France, condamnés. Les qualificatifs manquent pour décrire ce forfait, la comparaison avec les charognards s’avérant, et de loin, trop miséricordieuse.  
  • Un débat juridique sans doute légitime, mais gênant
    Cette fin heureuse pouvait sembler déjà n’être qu’un pâle sourire pour clore une histoire faite d’horreurs et de chagrins. Mais il fallait y ajouter la froideur des débats juridiques pour la rendre glaçante. La Justice restitue le bien à la famille propriétaire de l’immeuble. La Ville de Paris, de son côté, réclame ce bien pour éviter que celui-ci ne puisse être vendu. Ou plutôt, la société d’exploitation du Bataclan dont la ville est actionnaire. Je n’ai pas le bail liant l’un à l’autre, et donc j’ignore si la ville et cette société étaient fondées dans leurs demandes, en droit. On rappellera qu’en ces domaines, plusieurs solutions existent pour éviter que les oeuvres ne quittent le territoire national, voire pour qu’elles rejoignent des collections des musées publics, mais que celles-ci s’avèrent parfois d’un usage restreint ou malaisé. Nul doute, donc, que ce débat juridique avait sa légitimité… Mais là encore, avec des morts en toile de fond, ça gêne.
  • Une pantalonnade juridique pour clore une triste odyssée
    … mais de toute manière on ne saura jamais qui avait, ou non, raison en ce débat en droit. Car la société et sa ville actionnaire ont laissé passer le délai pour former leur recours (Cour de cassation – chambre criminelle – 24 janvier 2024 – 22-82.919).

    NB : ce qui peut arriver à tout le monde je le signale au premier degré. 

 

Aux dernières nouvelles, la jeune fille triste de Bansky pleure toujours. En 2018, c’était sur la folie et les meurtres des hommes. Aujourd’hui, gageons que c’est sur leur bêtise.


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