Allez je vais jouer aux ancêtres.
Oui j’ai bien connu, professionnellement, le tout début des années 90 quand se créaient les premières communautés de communes et de villes.
Oui certaines de ces communautés visaient à uniquement optimiser la DGF de l’Etat, à l’époque (si si cela a existé, il y a longtemps) où celle-ci pouvait être réellement incitative. Mais même nombre de ces mariages blancs ont fini en mariages d’amour.
Mais surtout, surtout, ce que je voyais, c’étaient des SIVOM multi-compétences ou des districts qui prenaient un nouvel essor et qui souvent regroupaient des élus qui déjà avaient transformé leur territoire depuis 20 ou 30 ans, à la fois en tant qu’élus et en tant qu’agriculteurs ou qu’industriels.
Ces territoires sont devenus « de projet ». Terme alors usité et qui n’était pas encore démonétisé. Je dirais qu’une petite partie (un tiers ?) de ces communautés vivotait, mais qu’une grande majorité prenait réellement un essor passionnant.
Puis vinrent les loi de 2003, 2010, 2014, 2015… et nous avons connu une décennie entière à gérer les fusions, les extensions de compétence, puis encore des fusions, puis les schémas de mutualisation, puis de nouveau des extensions de compétence. J’ai vu les élus fondateurs en questions certes vieillir, comme moi, mais aussi passer d’une gestion dynamique à une mécanique techno de copil et de cotech, prise de compétence par prise de compétence, fusion par fusion. A la fin, tout devenait techno et, surtout… imposé d’en haut. Voulu par le législateur.
Alors on ne bâtissait plus de territoire en fonction certes de paramètres politiques et financiers (n’idéalisons pas rétrospectivement !)… mais aussi de projets de territoires. Car il s’agissait de mettre en oeuvre un diktat législatif subi.
L’intercommunalité y perdait son projet, son autonomie décisionnelle et, petit à petit, son âme.
Alors qu’il me soit permis d’émettre un conseil : redonnez à votre interco sa vitalité de projet… du moins quand elle l’a eue et qu’elle l’a perdue en cours de route. Quand le territoire est défendable et peut se sentir porteur de convergences en son sein, et de différences par rapport aux autres. Ce qui est le cas de la grande majorité de nos communautés et métropoles.
Promis dans mes autres écrits des jours à venir je serai moins prêchi-prêcha. Mais, cela, vraiment, profondément, j’y crois et je pense qu’il est possible de ne pas perdre espoir.
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