En 10 ans, la flore française se déplace. Vite. Elle s’adapte aussi… à grande vitesse, en raison du changement climatique. Sera-ce suffisant ?

L’éminente revue Biology letters vient de publier une étude de Gabrielle Martin , Vincent Devictor , Eric Motard , Nathalie Machon et Emmanuelle Porcher, intitulée « Short-term climate-induced change in French plant communities ».

Avec un constat clair : les plantes sont sommées de s’adapter vite au réchauffement climatique.

Nous avons tenté de traduire puis de synthétiser plus encore le résumé officiel, en anglais, de cet article passionnant. Le voici :

En termes de latitudes comme d’altitudes, il apparaît que nombre d’espèces animales s’adaptent au réchauffement climatique, avec plus ou moins de bonheur. S’agissant des plantes, l’impact du changement climatique sur la répartition des espèces et leurs interactions se trouve maintenant documentée depuis des décennies pour divers types de localisations, notamment forestières. Dans cet article, nous élargissons ces résultats de long terme en examinant les changements induits par ceux du climat dans la répartition, la localisation, d’espèces de plantes sur un vaste espace (la France) sur une période assez courte (2009–2017). Nous avons dès lors pu mesurer les préférences thermiques des diverses communautés de plantes (suivent des explications plus techniques).

Nous constatons une évolution végétale extrêmement rapide sur la poussée des facteurs du réchauffement, tous milieux confondus, une croissance rapide du facteur thermique dans la redistribution des espèces végétales aux niveaux national et régionaux , que nous corrélons aux changements climatiques. Cette redistribution de la repartition, de la composition, des communautés végétales se traduit par une croissance relative des espèces adaptées au chaud au détriment de celles adaptées aux climats plus froidsCependant  ces phénomènes sont moins nets si l’on se focalise sur les espèces communes, y compris les espèces communes annuelles. Nos résultats suggèrent plutôt, et ce point est novateur, que la réponse adaptative des plantes, des espèces ou communautés de plantes, inclut des adaptations subtiles aux changements climatiques, affectant toutes les espèces, rares comme communes, lesquelles peuvent ainsi être détectées mêmes sur de courtes périodes. Ces changements adaptatifs suffiront-ils pour que le monde végétal s’adapte au réchauffement climatique reste un point à vérifier.

 

A LIRE EN ENTIER CI-DESSOUS (IL FAUT ALLER EN BAS DE LA PAGE À Access options \ PURCHASE) :

https://royalsocietypublishing.org/doi/pdf/10.1098/rsbl.2019.0280

 

NB l’article n’est pas très long ni trop aride techniquement ensuite, à lire. Coût 19€50.