Rythmes scolaires : du rififi chez les mômes

Bon. Le détricotage de la reforme des rythmes scolaires permettant à chacun de s’organiser comme bon lui semble devait être, pour le nouveau ministre, comme jouer sur du velours. Car chacun grognait contre cette réforme, dans son coin, pour des motifs variés il est vrai (complexité, nouvelles charges pour les collectivités avec en sus la disparition à terme du fonds d’amorçage, etc.).

Bref, c’est avec aisance que J.-M. Blanquer devait faire passer son décret permettant aux territoires de décider de revenir à la semaine de 4 jours s’ils le souhaitent…

Et voilà que cela défouraille de partout. Des bourre-pifs dans tous les sens, en pleine paix de l’état de grâce. Et c’est le Ministre qu’on retrouve aux 4 coins de Paris façon puzzle. De l’inédit. Audiard n’aurait pas osé un scénario aussi surprenant. Avec nombre d’acteurs qui jouent à contre-emploi.

Hier, 8 juin, voilà que c’est le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et par le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) qui débarquent le projet.

Tout commence par les réserves de l’AMF la veille, alors que l’association d’élus était plutôt pour et a… plutôt (une fois oui et une fois non selon les sujets et les instances)… voté en ce sens. En cause : les incertitudes (qui sont loin d’être nouvelles) sur l’avenir du fonds de soutien à l’organisation des activités durant le temps périscolaire (fonds d’amorçage).

Face à ces oscillations en CSE et en CNEN, se concluant par des votes négatifs, voici que le groupe de travail ad hoc constitué au Sénat, lui aussi, rejette le projet au nom de l’intérêt de ne pas tout bouleverser. Venant d’élus très critiques à l’origine sur la réforme, il y a de quoi surprendre.

Résultat : nombre d’acteurs de ces flinguages disent qu’ils n’aiment pas la réforme précédente mais qu’ils ne soutiennent pas non plus l’actuel projet permettant à chacun de faire ce qu’il veut… pour ne pas prendre le risque de détricoter ce qui a été fait (alors que le détricotage ne sera effectif que si les collectivités en décident ainsi)… Il est vrai que le groupe de travail Sénat propose d’encadrer les choix qui s’offriraient alors aux élus. D’autres préfèrent une plus grande liberté sans encadrement.

« Du rififi chez les hommes » était un film de 1955. Grande époque d’un certain cinéma.

Remake de 2017 : du rififi chez les mômes. Où les mômes ne sont pas que ceux qui s’égayent dans les cours de récréation.

A propos Éric Landot

Avocat fondateur du cabinet Landot & associés, partenaire juridique de la vie publique.