Ecoles privées : certains locaux seront à assujettir à la TH… au delà d’une période de dégrèvement décidée pour 2023

Les services de l’Etat, en réponse à la question écrite n°10880 du sénateur M. François Bonhomme (Tarn-et-Garonne – Les Républicains-A), ont apporté la réponse ministérielle ci-dessous (JO Sénat du 09/05/2024 – page 2101) :

« La taxe d’habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation (TH) est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance de locaux imposables (code général des impôts (CGI) – art. 1408). Elle est due notamment par les sociétés, associations et organismes privés au titre des locaux meublés conformément à leur destination, qui font l’objet d’une occupation à titre privatif et qui ne sont pas retenus pour l’établissement de la cotisation foncière des entreprises (CGI, art. 1407, I-2°). Il en résulte notamment que les locaux meublés accessibles au public sont exclus du champ de la taxe (BOI-IF-TH-10-10-20, §90 et suivants). Ces règles s’appliquent aux locaux meublés occupés par les établissements d’enseignement privés, qu’ils soient sous ou hors contrat d’association avec l’État. Toutefois, ces établissements ne sont pas imposables à la TH au titre des locaux destinés au logement des élèves (CGI, art. 1407, II-3°), c’est-à-dire les dortoirs, les installations sanitaires et les réfectoires, ce qui vaut également pour les salles de cantine. En outre, conformément à la doctrine (BOI-IF-TH-10-40-10, §110), cette exonération est étendue aux locaux affectés à l’instruction des élèves, ce qui, par exemple, est le cas des salles de classe, mais ne l’est pas des salles des professeurs et des locaux affectés à l’administration de ces établissements. Définies de longue date, ces règles n’ont pas été modifiées par la réforme de la taxe d’habitation. Or, à la suite de la mise en oeuvre du nouveau processus de taxation des locaux imposables à la TH, les déclarations d’occupation des établissements scolaires n’ont pas toujours permis de distinguer correctement les surfaces imposables à la TH de celles qui sont exonérées. Aussi, la surface des locaux déclarée au titre de l’année 2023 a pu, pour certains établissements redevables, être surévaluée en ne se limitant pas à celle de leurs seuls locaux imposables à la TH. C’est pourquoi, pleinement conscient des difficultés opérationnelles de l’imposition à la TH des établissements d’enseignement, qui doit se limiter à une partie de leurs locaux, le Gouvernement a demandé à la direction générale des finances publiques (DGFiP) de procéder au dégrèvement de TH de l’ensemble des locaux occupés par des établissements d’enseignement au titre de l’année 2023. Des travaux pour clarifier le droit applicable sur ce sujet seront par ailleurs menés dans les prochains mois.»

Source : https://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ240310880

 

On notera donc :

  • que ces établissements ne sont pas imposables à la TH au titre des locaux d’enseignement (salles de classes) ou de logement des élèves
  • que ces écoles privées sont assujetties à la TH pour les « salles des professeurs et [les] locaux affectés à l’administration de ces établissements.
  • qu’en pratique c’est un peu le bazar d’une commune à l’autre, conduisant la DGFiP à « procéder au dégrèvement de TH de l’ensemble des locaux occupés par des établissements d’enseignement au titre de l’année 2023 »
  • mais que cela devrait vite changer 

 

Sur l’impact de tout ceci sur les collectivités, voir ici une analyse de Maire-info (AMF).

 

Source : https://copainsdavant.linternaute.com/photo/ecole-privee-notre-dame-de-toutes-joies-ecole-primaire-d-argenton-l-eglise-4163559

 


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