Pyrale du buis : quelles sont les dérogations pour des traitements phytopharmaceutiques dans les espaces verts et ouverts au public ?

Pyrale du buis : quelles sont les dérogations pour des traitements phytopharmaceutiques dans les espaces verts et ouverts au public ? Réponse avec cette question écrite très claire :

Question écrite n° 07018 de Mme Dominique Estrosi Sassone (Alpes-Maritimes – Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 04/10/2018 – page 4992

Mme Dominique Estrosi Sassone interroge M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire sur les conséquences de la présence de la pyrale du buis dans les Alpes-Maritimes.

Dans les communes de la vallée de la Roya et de la Tinée, l’insecte originaire d’Asie présent depuis trois ans détériore la végétation très rapidement. Si les deux premières années, les dégâts ont été minimes, cet été a marqué une étape particulièrement dévastatrice, notamment pour les buis, puisque comme le nom de cette espèce l’indique, ce papillon l’envahit par essaim et l’étouffe, laissant l’arbre mourir comme si les branches avaient été brûlées.

Plus inquiétant, ces papillons envahissent dorénavant les arbres à proximité, notamment les sureaux. Les élus et les habitants s’inquiètent de sa prolifération puisqu’une fois que les essaims auront réduit à néant les buis et les sureaux, ce seront de nouveaux types d’arbres qui seront dévorés.

De plus, comme de nombreux insectes, la pyrale du buis est attirée par la lumière artificielle à la nuit tombée et les essaims tourbillonnant dans les faisceaux des lampes compliquent la vie des habitants ainsi que l’activité des professionnels qui travaillent le soir, comme les restaurateurs.

Elle souhaite savoir s’il compte prendre des mesures contre ce papillon qui s’apparente à un nuisible, comme le frelon asiatique ou la chenille processionnaire. La pyrale du buis frappe avec une constance grandissante les Alpes-Maritimes notamment les végétaux de la commune de Marie dont le maire et le conseil municipal restent sans information ni solution de la part des services de l’État.

Transmise au Ministère de l’agriculture et de l’alimentation

 

Réponse du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2018 – page 6017

Le buis est présent sur tout le territoire national, et en particulier dans des lieux à fort enjeu patrimonial. La pyrale du buis (cydalima perspectalis) est un papillon natif des régions subtropicales humides d’Asie. Défoliateur des buis, il a été introduit en Europe dans les années 2000 et est désormais largement présent sur le territoire européen et français en particulier. Ainsi, la pyrale du buis a été retirée des listes d’alerte de l’organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes et ne fait pas l’objet de réglementation au niveau européen ou national. Classée comme danger sanitaire de troisième catégorie au sens du code rural et de la pêche maritime, elle représente une menace pour son hôte dont les mesures de prévention, de surveillance ou de lutte relèvent de l’initiative privée et locale. Le classement en deuxième catégorie n’est plus envisageable du fait de la large dissémination du ravageur sur le territoire, de sa forte implantation en milieu naturel et de l’absence de moyens de lutte susceptibles de conduire à son éradication. Le ministère de l’agriculture et de l’alimentation met en œuvre deux moyens d’action complémentaires visant à protéger le buis vis-à-vis de la pyrale : d’une part, la surveillance du territoire et l’accompagnement de la recherche et, d’autre part, la disponibilité de solutions de bio-contrôle. Sur ce sujet, l’institut national de la recherche agronomique (INRA) dispose déjà de résultats encourageants, en particulier dans le cadre du programme SaveBuxus. La première phase de ce programme s’achève cette année et sera suivie d’un plan d’actions de trois ans. Un renforcement de la surveillance de la pyrale du buis est en cours par les acteurs concernés, afin d’être en capacité de qualifier la situation sanitaire annuelle. Ainsi, la dérogation pour des traitements phytopharmaceutiques dans les espaces verts et ouverts au public et appartenant à l’État, pourra être mise en œuvre si nécessaire et justifiée, dans les lieux patrimoniaux historiques ou biologiques en vertu de l’article L. 253-7 du code rural et de la pêche maritime. En forêt, le ministère de l’agriculture et de l’alimentation a chargé l’institut national de l’information géographique et forestière de mesurer l’étendue des dégâts lors de la prochaine campagne d’inventaire forestier. Il a également demandé à l’INRA de tester l’efficacité de différents modes de lutte biologique, notamment la recherche de parasitoïdes (parasites naturels des œufs de pyrale).

 

N.B. : bravo au site https://www.idcite.com pour avoir identifié cette QE avant nous. 

 

Voir aussi :

 

Crédit photographique ; Wikipedia 

 

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