Le « retour terrain » du vendredi

Chaque vendredi, un des 4 pôles du cabinet Landot & associés diffuse un petit « retour terrain » : une expérience vécue. 

Nous ne diffusons pas des informations sur les dossiers les plus connus, les plus emblématiques :

• d’une part parce que le secret professionnel s’en trouverait violé, 
• et d’autre part parce que le but de cette chronique est justement de montrer le travail quotidien, ordinaire mais passionnant, tel que nous le vivons avec nos clients, à la manière d’un petit « retour sur expérience »

Aujourd’hui, un petit « retour de terrain » du pôle « TEI ». 

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Le retour de terrain de ce jour sera un peu spécial dans la mesure où nous n’allons pas évoquer un dossier mais une réflexion plus générale sur notre métier et ses interactions, en prenant ici l’exemple des domaines de l’eau.

Si notre équipe est souvent mobilisée sur des travaux de conseil qui vont de l’étude juridique classique à des missions plus longues avec des jours de terrain. Ces missions de terrain nécessitent en général de travailler en sortant de la seule logique du juriste et de s’ouvrir à une autre forme de technicité. Bien souvent les solutions n’apparaissent que si nous sortons de la seule logique « en silo ». C’est aussi pour ce donner cette opportunité de raisonner « en juriste mais pas que » que nous recherchons aussi des profils divers pour constituer notre équipe.

Les compétences techniques présentes des cycles de l’eau souvent nous poussent dans nos retranchement et nous font revoir autrement le problème juridique et nous aident, par le dialogue avec la contrainte ou les paramètres techniques à sortir de notre logique. A titre personnel si je (désolé pour ce « je » égocentrique) m’arrête sur les derniers jours je constate :

  • Samedi 21 et Mardi 24 : nous sommes intervenus dans deux conférences d’élus pour deux EPCI différents. Bien que croyant assez bien connaître les enjeux, une intervention d’Elodie Brelot du Graie, suivie de notre partenaire technique a permis de faire une bonne piqûre de rappel : si ce territoire cherche à s’organiser ça ne doit pas être par simple nécessité juridique du transfert en 2026, mais au regard de cette nécessité de s’adapter. La violence des évènements climatiques, des besoins sur la ressource, ne doit pas faire oublier au juriste la finalité de son travail : on ne fait pas du droit pour le seul plaisir de faire du droit. Notre métier est de trouver les solutions pour mettre en oeuvre ces politiques publiques en prenant en compte tous les « intrants » à savoir les contraintes techniques, financières, les priorisations politiques (au sens notre du terme) et les services à la personne.
  • Mercredi 25 : intervention avec des partenaires techniques et financiers sur des transferts de compétence qui auront lieu en 2025. Là encore on voit bien qu’une structuration territoriale ne peut être traitée que sous l’angle technique, financier, financier ou que sous l’angle juridique. Bâtir une régie, arrêter une stratégie de gestion, prioriser, structurer l’organigramme du service nécessitent en permanence résulte d’un jeu de ping pong autour de ces 4 axes. A tort on peut croire que le juridique dans ces missions de transferts de compétence eau et assainissement intervient juste sur la mise en oeuvre. Mais le succès en réalité de ses missions repose sur le succès des études qui instaurent le dialogue dès l’état des lieux, les scénarios et la mise en oeuvre.
  • Vendredi 26 : Il est un peu étonnant de publier le 26 au matin un billet qui évoque la journée à venir. Mais je sais un peu d’avance ce que cette journée de travail avec l’ATANC Loire Bretagne Outremer va m’apporter. Précisons qu’à titre personnel j’ai fait mes premières armes de juriste il y a plus de 25 ans maintenant en publiant un article sur le SPANC. Et, sans le savoir, je rentrais dans un autre monde de techniciens passionnés. Depuis plusieurs années maintenant, nous intervenons régulièrement pour des associations de SPANC. Nous allons comme auparavant « phosphorer » avec les techniciens du territoire sur l’articulation entre les textes et le quotidien des services. Ce service illustre plus que jamais le besoin de dialogue entre le technique et le juridique. Les arrêtés sont en effet anciens et n’avaient pas nécessairement anticipé toutes les difficultés de terrain que rencontreraient les SPANC. C’est l’objet de ces réunions : comment « bricoler » des solutions fiables sur les différents cas pratiques remontés par les services. Chaque séance de travail est, pour moi, à la fois passionnante, instructive, mais pousse aussi à une certaine humilité aussi, car on doit trouver ensemble des solutions là où il n’y en a pas forcément d’évidente. Il n’est pas rare dans ces sessions que la solution juridique qu’on croyait de prime abord adaptée s’avère difficile sur le plan technique … le dialogue entre les métiers, toujours, seul permet alors de trouver une bonne solution entre techniciens et juristes. Je sais que ce soir, j’aurai besoin d’une dose de paracétamol, mais aurai passé une bonne journée.

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