Le Conseil constitutionnel maintient que le cadre actuel, permettant que le droit de vote, en Nouvelle-Calédonie, ne respecte pas le principe « un humain – un vote », reste (pour un transitoire qui dure) conforme à notre droit constitutionnel.
Les accords de Nouméa, de mai 1998, visaient à apaiser un territoire qui n’était pacifique que géographiquement.
Au nombre des points de cet accord, se trouvait un restriction quant au droit de vote sur place, afin que d’éventuels nouveaux venus n’aillent pas perturber les équilibres humains et politiques locaux.
La loi organique no 99-209 du 19 mars 1999 posa ainsi une condition de durée de résidence de dix ans pour pouvoir participer aux élections des membres des assemblées de province et du congrès
Le Conseil constitutionnel avait validé la constitutionnalité de l’essentiel de cette loi de 1999 mais avec quelques réserves d’interprétation (décision n° 99-410 DC du 15 mars 1999).
De son côté, la CEDH n’avait validé cette distorsion dans l’égalité entre citoyens pour un droit aussi important que le suffrage… qu’en raison du dispositif transitoire de ce régime, le temps de trois référendums (referenda ?) qui ont eu lieu et qui confirment le maintien d’un ancrage national pour ces territoires, non sans une considérable autonomie.
Source : CEDH, 11 janvier 2005, n° 66289/01, Py c./ France.
Ces trois référendums ont eu lieu et on devait passer au mode de scrutin selon lequel une personne égale une voix… mais les émeutes locales ont mis fin à cette évolution. On lira toutefois avec intérêt ce que le Conseil d’Etat, en formation NON contentieuse, en avait dit en 2024 :
Source : Avis non contentieux du CE date du 25 janvier 2024 (n° 407958 ; NOR : IOMX2335894L
Aussi une association dénommé « Un coeur, une voix » a-t-elle demandé… et obtenu du CE que sa QPC soit transmise au Conseil constitutionnel. Cette association soutenait en effet que le droit actuel qui fait que de nombreux néo-calédoniens n’ont pas un entier droit de vote alors qu’ils résident, souvent, depuis longtemps sur place… était désormais inconstitutionnel.
Source : Conseil d’État,24 juin 2025, Association Un coeur une voix, n° 502716
Cette QPC a été rejetée par le Conseil constitutionnel qui a estimé que ce cadre n’était pas caduc.
Source :
Ce qui en droit de la CEDH se discute mais bon… on reste à une phase de tâtonnements, avec récemment la publication au JO, tel un caillou du petit poucet, de l’accord de Bougival, sur le long chemin de la paix et d’un avenir à peu près partagé en Nouvelle-Calédonie.

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