Les grosses corruptions à l’ancienne avec mallettes de billets sont fort heureusement devenues rarissimes dans le monde public français : sur ce point quelques affaires médiatiques exceptionnelles sont l’arbre qui cache… l’absence de forêt ou presque.
Mais il est un type de corruption que je vois souvent.
Les grosses entreprises (surtout en BTP) ne sortent pas de sommes en liquide. Mais elles savent que pour telle ou telle commune il faut passer par tel ou tel co-traitant (ou sous-traitant déclaré dès l’offre- très apprécié du technicien (voirie ; bâtiments ; etc.) local.
Souvent, c’est juste parce que ledit co- ou sous-traitant est compétent et efficace. Auquel cas tout va bien mais il faut alors que la collectivité veille à justifier de tels choix au cas par cas, dans la durée.
Mais ce que j’ai assez souvent vu c’est le cas où la grosse entreprise de BTP sait qu’il faut montrer patte blanche en prenant tel ou tel partenaire. Que la prestation du partenaire sera payée au double du prix normal correspondant à ses prestations. Et la petite société locale… qui a aussi une activité privée avec usage d’argent liquide… elle… cette petite société locale, ce sous-traitant ou co-traitant obligatoire pour accéder à tel ou tel segment des marchés de telle ou telle commune… cette petite société locale, elle… peut sortir de l’argent liquide pour l’agent communal, souvent de catégorie B voire C, mais qui s’avère décisionnaire pour le segment de marchés en cause.
Et l’on voit petit à petit avec surprise cet agent de catégorie B ou C vivre au dessus de ses moyens. On le voit insister pour que ce soit toujours lui même pendant ses congés qui sera là aux réunions de chantier concernant ledit co- ou sous-traitant (non sans que l’on ne loue son dévouement dans un premier temps avant que de découvrir l’arnaque).
Et en général quelques années après on découvre la fraude. La corruption. Sans toujours bien réussir à la prouver, même après un dépôt de plainte.
D’où le conseil suivant : organiser, dans la durée, un suivi des sous- ou co-traitances et croiser ces informations avec l’organigramme de la collectivité, pour voir s’il n’y a pas des anomalies…
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