Et la flotille de Gaza fendit les eaux de l’Acte de Gouvernement…

Et la flotille de Gaza fendit les eaux de l’Acte de Gouvernement : avec un possible recours pour la demande de protection consulaire des ressortissants français et une irrecevabilité dès qu’il s’agit des relations diplomatiques avec l’Etat d’Israël. Une frontière proche de ce qui a été jugé peu après par le Conseil d’Etat dans une autre affaire. 

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Les « actes de Gouvernement », en droit administratif, échappent à tout recours contentieux en annulation (ou en indemnisation pour faute), car ce sont des décisions qui touchent :

  • soit aux rapports entre pouvoirs constitutionnels de notre Pays (étant rappelé que d’autres Démocraties ont fait le choix inverse d’accepter des recours entre institutions publiques, y compris l’UE)
  • soit à des décisions, des agissements, qui ne sont pas détachables de la conduite des relations internationales de la France.

Sources : CE, 19 février 1875, Prince Napoléon, rec. 155 ; CE, 26 novembre 2012, Krikorian, n°350492… pour un cas classique, voir CE, 2 février 2016, Lecuyer, n° 387931…

Une telle jurisprudence ne vise pas qu’à donner à l’exécutif d’utiles marges de manœuvre. Elle sert surtout à :

  • traduire en réalité le principe de la séparation des pouvoirs…
  • confirmer que le juge national n’est pas compétent pour les relations internationales de la France…

 

Reste que ce paysage s’avère en réalité nuancé et qu’il s’est considérablement complexifié ces dernières années. Voir :

 

Or, voici que comme dans cette dernière affaire, le TA de Paris a eu à traiter à la fois de la frontière avec les actes diplomatiques, d’une part, et des obligations (non sans limites) pour les autorités françaises d’aider nos compatriotes à l’étranger, notamment à se faire rapatrier. 

Et c’est dans un dossier sensible que le TA a eu à statuer sur ce point : celui des l’interception par les autorités israéliennes, dans les eaux internationales, le 18 mai 2026, d’une flottille humanitaire partie de Turquie en direction de la bande de Gaza, comprenant notamment plusieurs ressortissants français.

Ces derniers et une association avaient saisi le juge des référés d’une demande tendant à ce qu’il soit enjoint à l’Etat d’assurer leur protection effective.

Le juge des référés a tranché en jugeant que :

 

Source : 

TA Paris, ord., Global Sumud France et autres, 21 mai 2026 N° 2615436/9

Commentaire sur le site du TA : voir la page 10 de leur lettre de juillet 2026 (https://paris.tribunal-administratif.fr/Media/mediatheque-ta-paris/documents/2026/juillet/lj/lj202607)

 


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