Où les associations d’élus locaux vont-elles ?

Le front commun des trois grandes associations d’élus se renforce avec une nouvelle association qui les regroupera (« Territoires Unis »), des assises et « l’accord de Rennes ». Mais où vont-elles, du coup, ces associations d’élus ?


 

Les trois grandes associations d’élus ont beau prendre note de la câlinothérapie gouvernementale à leur endroit depuis quelques temps, elles persévèrent dans leur union et dans un combat devenu par certains côtés fort politique.

Pour un résumé des épisodes précédents, voir :

 

L’AMF, l’ARF et l’ADF (maires, présidents de départements et présidents de régions), ayant vu que leur fronde commune fonctionnait, au moins médiatiquement, ont amplifié celle-ci (tout en envoyant des signaux qu’ils étaient prêts à discuter à l’Etat… toujours garder un volet diplomatie en période de guerre…) avec :

  • un accord signé hier à Rennes (paraphé — on se demande bien à quel titre juridiquement mais politiquement le message est clair et fort — par G. Larcher !)
  • la confirmation de la création d’une structure (dotée de moyens ou juste pour la communication ? ça on ne le sait pas encore trop…) qui les regroupera, appelée joliment « Territoires unis »
  • l’annonce d « assises territoriales dans les treize régions métropolitaines, les territoires [SIC !!!] d’Outre-mer étant aussi invités à organiser des rendez-vous », a souligné Hervé Morin, président de l’ARF, très remonté.

 

Il y a plusieurs clefs de lecture à cette crise.

Le Gouvernement a-t-il mal traité les associations d’élus ? OUI… Oui mais tellement moins que sous la présidence de F Hollande, lequel a notamment raboté la DGF à des niveaux incroyables et réformé les territoires à la hâche en changeant d’avis à plusieurs reprises à peu de temps de distance sur des sujets essentiels…

Oui… Oui mais alors toute les parties espéraient alors être au pouvoir quelques mois après.

Aujourd’hui, on a des associations d’élus fortes, représentatives. Mais où (et c’est une première) les partis représentés au Gouvernement ne siègent pas.

A l’AMF, par exemple, un consensus politique a toujours dominé, mais le parti au pouvoir avait toujours assez de part aux organes de l’AMF pour qu’un équilibre se forme. L’AMF tapait dur, à droite comme à gauche, avec indépendance. Mais avec une limite : les élus du bureau, de gauche ou de droite, devaient convenir d’abord, d’attaquer ensemble.

Il n’y a plus ce garde-fou, l’arrivée de LREM étant récente et le MODEM ne pesant pas très fortement dans les instances de ces trois associations d’élus.

Du coup, les légitimes attaques franches de ces associations d’élus ne sont plus tempérées comme elles le furent.

On peut le regretter ou s’en féliciter. Mais le résultat est là : la culture du « clash », que l’on croyait limitée aux réseaux sociaux et aux rappeurs, s’étend donc au monde autrefois plus feutré des associations d’élus.

Il n’empêche : le retour à la câlinothérapie du Gouvernement et les talents, réels, de Mme Gourault, devraient faire revenir ces maisons, à commencer par la première d’entre elles, l’AMF, emmenée par un Président tout à fait responsable, à tempérer ces lignes fortes par du dialogue. Des informations confidentielles (du côté de l’Etat) nous le confirment. L’AMF elle-même communique sur la négociation qu’elle va mettre en scène lors de son Congrès.

Reste qu’il importe de se demander si tout ce jeu ne va pas surtout favoriser d’autres associations d’élus qui poussent leur lobbying selon des jeux plus classiques, plus feutrés…

A suivre…

 

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