Les collectivités locales en chiffres 2019 : rapide aperçu

C’est toujours avec un grand intérêt que tout observateur des collectivités territoriales peut se plonger dans le document annuel « les collectivités locales en chiffres ». Comme ses devancières, l’édition 2019, forte de ses 124 pages, s’avère un bon cru. Voici ce document :

coll loc en chiffres 2019

 

Voici quelques morceaux choisis.

Tout d’abord, on voit la baisse du nombre d’EPCI à fiscalité propre imposée par les lois de 2010, 2014 et 2015, la baisse de nombre de syndicats, mais la baisse de communes, induite par les communes nouvelles, reste encore, quant à elle, faible (et maintient notre singularité nationale) :

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Les très, très petites communes restent très importantes en nombre :

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La métropolisation et, en contre point, le maintien de CC à fiscalité additionnelle (notamment dans la fameuse diagonale aride) sont des phénomènes passionnants, autant que la comparaison, entre zones géographiques, des tailles des communautés :

 

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Avec une augmentation des dépenses de fonctionnement et des charges qui, pour les collectivités, est imputable à l’Etat. Ce dernier, lui, estime que les collectivités ne contrôlent pas assez lesdites dépenses, ce qui est une toile de fond importante des désaccords depuis quelques années (et ce même avant 2017) dans notre petit monde local :

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Même s’il est un point que nul ne peut contester, c’est la moindre dynamique de la fiscalité locale (en fait c’est patent depuis la suppression dite « DSK » de la part salaire dans feu la TP…) :

 

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Les taux moyens d’imposition varient fortement d’un territoire à l’autre, avec un phénomène de double peine bien connu (fort taux dans les territoires pauvres pour compenser les faible bases et s’adapter aux forts besoins…) même si le FPIC et le FSRIF en réalité corrigent ces phénomènes et brouillent la lisibilité des chiffres bruts. Mais cela en revanche ne change rien à l’évolution intéressante de ces chiffres (avec une baisse de la TEOM due à des raisons juridiques) :

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Avec des transferts qui repartent à la hausse entre Etat et collectivités. L’Etat estime qu’il a en effet stabilisé les dotations de l’Etat qui avaient été brutalement baissées sous le mandat Hollande. Les collectivités, répondent de leur côté sur le thème des transferts de charges compensés à l’euro l’euro mais sans une suffisante prise en compte de la dynamique desdites charges :

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L’Etat voudrait bien que les charges des collectivités soient maintenues à un niveau constant. De fait, la croissance des effectifs marque le pas :

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Mais cette baisse est récente et ne suffit pas à gommer les croissances antérieures (là encore, dues aux transferts de charges pour les uns, à un relatif confort de gestion pour les autres).

Voyons cela sur quelques années :

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… et sur le moyen terme :

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A titre de comparaison avec les autres fonctions publiques (mais l’Etat a perdu des compétences..), on constate que les collectivités locales ont plutôt fait plus de compression de personnel que les autres :

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Mais le nombre d’agent n’est pas tout. Car si l’on regarde les dépenses de personnel, c’est au total une forte croissance des charges de personnel que l’on constate, qui sont l’effet d’une gestion perfectible selon l’Etat, là où les collectivités y voient — à raison — l’application pure et simple de la pyramide des âges et de l’effet du « glissement vieillesse technicité »  :

 

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Mais le taux d’administration locale varie fortement d’un territoire l’autre… Comme nul praticien ne peut l’ignorer avec parfois une grande surprise (même si certains cas correspondent aussi à des politiques sociales — et pas seulement sociales… — indirectes) :

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Avec un effet de pyramide des âges qui traduit nettement les dates de recrutements forts dans la FPT et qui n’est pas sans faire craindre quelques déséquilibres :

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A noter en passant à ce sujet, une désaffection relative en termes de participation lors des élections professionnelles, avec des évolutions assez lentes des positions de chacun :

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Les élus, eux sont de moins en moins les agriculteurs et les retraités qu’ils furent autrefois majoritairement. Avec une féminisation qui monte, qui monte, petit à petit, mais qui reste encore assez faible quand on se focalise sur les exécutifs des grandes structures :

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