Il y-a-t-il urgence, au sens du référé liberté… 41 ans après ?

Réponse NON bien sûr. Mais je ne résiste pas au plaisir de vous transmettre la décision qui le confirme et qui révèle le cocasse d’une requête pourtant déposée par un (ancien) magistrat :

«Conseil d’État, ord., 10 août 2022, n° 466496
[…]
Par une requête, enregistrée le 8 août 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B… A… demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner le réexamen du pourvoi en cassation formé le 27 avril 1981 contre la décision prise le 8 février 1981 par le conseil supérieur de la magistrature ayant prononcé sa révocation du corps des magistrats de l’ordre judiciaire. 
[…]
1. Aux termes de l’article L. 521-2 du même code :  » Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) « . En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
2. M. A… demande que le juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, ordonne le réexamen du pourvoi qu’il a formé le 27 avril 1981 contre la décision du conseil supérieur de la magistrature du 8 février 1981 ayant prononcé sa révocation du corps des magistrats de l’ordre judiciaire. Une telle demande ne ressortit manifestement pas à l’office du juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de la rejeter, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
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Article 1er : La requête de M. A… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B… A…[…]»