Copropriétés et acquisition temporaire (et expérimentale) de biens à rénover à un opérateur : publication du décret

A été publié un décret définissant les modalités pratiques (prix de revente, indexation, suivi…) de l’expérimentation permettant (après autorisation de la commune ou de l’EPCI compétent) qu’une convention soit conclue entre un opérateur et le syndicat des copropriétaires en vue de l’acquisition temporaire de biens à rénover.


 

La loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 visant à l’accélération et à la simplification de la rénovation de l’habitat dégradé et des grandes opérations d’aménagement comprenait de nombreuses dispositions (voir ici).

Le II de l’article 11 de cette loi prévoit une expérimentation ainsi rédigée :

« II. – A titre expérimental et pour une durée de dix ans à compter de la promulgation de la présente loi, lorsqu’un immeuble placé sous le régime de la loi no 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis remplit les conditions justifiant le prononcé du jugement mentionné aux I et III de l’article L. 615-6 du code de la construction et de l’habitation, un opérateur peut, après autorisation de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d’habitat, conclure avec le syndicat des copropriétaires une convention en vue de l’acquisition temporaire à titre onéreux soit du seul terrain d’assiette de la copropriété, soit des seuls parties et équipements communs des immeubles qui la constituent, soit du terrain et des parties et équipements communs, en vue d’en assurer la rénovation.
Les modalités de la cession sont fixées par une convention entre les copropriétaires et l’opérateur, qui:
1o Etablit la durée maximale pendant laquelle l’opérateur est investi des droits réels conférés par la propriété du terrain ou des parties communes ;
2o Fixe les conditions de rachat du terrain ou des parties communes par les propriétaires. Le prix de revente ne peut excéder le prix d’acquisition par l’opérateur, tel qu’initialement établi par une évaluation du service des domaines et actualisé selon des modalités définies par décret en Conseil d’Etat ;
3o Définit les mesures et les travaux de rénovation que l’opérateur s’engage à réaliser, ainsi que, le cas échéant, ses obligations en matière d’entretien ;
4o Détermine un règlement pour l’usage des locaux et des équipements par les copropriétaires;
5o Fixe la redevance due par les copropriétaires à l’opérateur au titre de l’usage du terrain et des parties et équipements communs de la copropriété et des travaux réalisés aux fins de leur rénovation et de leur conservation, en rapport avec la superficie de leurs parties privatives.
La convention comprend l’état descriptif de division de l’immeuble, qui est mis à jour ou établi s’il n’existe pas.
L’opérateur investi des droits de propriété assume la responsabilité des dommages causés aux propriétaires de parties privatives ou aux tiers par le vice de construction ou le défaut d’entretien des biens d’intérêt collectif, sans préjudice de toutes actions récursoires.
Le Gouvernement remet au Parlement un rapport d’évaluation de l’expérimentation, au plus tard six mois avant son terme.»

 

A été publié au JO de ce matin le

  • Décret n° 2025-321 du 7 avril 2025 relatif à l’expérimentation prévue au II de l’article 11 de la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 visant à l’accélération et à la simplification de la rénovation de l’habitat dégradé et des grandes opérations d’aménagement (NOR : ECOE2427789D), que voici
Ce texte définit ainsi les modalités pratiques d’actualisation du prix d’acquisition versé par l’opérateur dans le cadre de cette expérimentation :
  • « A titre expérimental, le prix de revente des biens, mentionné au 2° du II de l’article 11 de la loi susvisée, ne peut excéder le prix d’acquisition par l’opérateur, indexé sur la variation de l’indice de référence des loyers, publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques, intervenue depuis la date d’acquisition par l’opérateur, majoré du coût des travaux réalisés entre l’acquisition des biens par l’opérateur et leur cession aux copropriétaires, duquel est déduit le montant des redevances versées à l’opérateur au seul titre des travaux de rénovation et de conservation des biens concernés ainsi que, le cas échéant, le montant des subventions et des contributions dont a pu bénéficier l’opérateur au titre de ces biens.
    « L’indice de référence des loyers pris en compte pour l’actualisation est celui du trimestre de la date d’acquisition du bien par l’opérateur. »

     

L’article 2 prédit un comité de pilotage du suivi de cette expérimentation et confie la réalisation du rapport d’évaluation à un comité ad hoc.


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