L’Etat vient enfin de diffuser sa circulaire du 4 octobre 2025 sur la communication de l’Etat… circulaire qui a fait beaucoup de bruit dans le monde des Ministères et des agences de communication.
Bravo d’ailleurs à Politico (en l’espèce le journaliste M. Paul de Villepin) qui avait cette circulaire dès le 13 octobre 2025, voire avant.
Aux termes de ce texte, l’Etat doit restreindre sa communication, entre 2025 et 2026, de 20 % en volumes budgétaires… Ce périmètre sera calculé en intégrant les dépenses :
- de veille media
- de sondages,
- d’achats d’espaces,
- de production de contenus audiovisuels et de supports,
- d’événementiel,
- de développement de produits numériques portés par les directions de communication et les relations presse.
Rappelons qu’une telle circulaire :
- avait début octobre un volet communicationnel évident en amont de l’examen du projet de loi de finances
- a une valeur d’instruction hiérarchique pour les agents de l’Etat, mais n’a aucune valeur pour les autres.
- sera difficile à faire appliquer pour une raison pratique. Les marchés publics en ce domaine sont passés souvent en accord cadre avec des planchers bas et des plafonds assez hauts. Donc chaque marché ne sera pas en soi une méconnaissance de cette circulaire :
- d’une part parce que c’est à chaque marché subséquent (bon de commande le plus souvent) que l’on verra au fil de 2026 si le volume global de communication est, ou n’est pas, inférieur de 20 % aux montants de 2025
- d’autre part parce que ce n’est pas marché de communication par marché de communication que s’apprécie selon cette circulaire cette baisse
Alors cette circulaire ne serait que du vent ? NON. Car c’est via un autre angle que le Premier Ministre et ses services entendent faire respecter cette baisse de 20 % en termes de dépenses de communication :
- un tri sera opéré sur la base des « priorités de communication pour l’année 2026 » qui seront présentés par les ministères (intégrant les services contrôlés en direct mais aussi les opérateurs… dont certains on le rappellera ont une réelle autonomie budgétaire). Ces priorités seront être présentées en termes d’organisation cible et d’allocation de ressources nécessaires.
- ensuite il appartiendra au service d’information du
Gouvernement (SIG), de proposer une « vision consolidée des actions de l’ensemble des acteurs de l’Etat » pour 2026 « en s’appuyant sur la direction interministérielle de la transformation publique (DITP), qui a finalisé une cartographie des moyens de communication.» - et en attendant que tout ceci soit fait :
- « un moratoire sur les dépenses de communication est […] applicable, et ce jusque fin 2025, à l’exception des campagnes de communication poursuivant des objectifs de santé publique et de prévention, ainsi que de celles relatives aux campagnes de recrutement.»
- « l’engagement de nouveaux marchés en matière de communication (notamment création et achat média, hors accords-cadres interministériels sous mandat de la DAE) est proscrit » ainsi que « l’engagement de bons de commandes sur les marchés existants »… étant rappelé que cela ne concernera pas les agences de l’Etat ayant droit à une autonomie suffisante pour n’être soumises ni au pouvoir hiérarchique ni à la tutelle de l’Etat.
- « les recrutements sur les postes de communication (et non les remplacements et renouvellements) sont suspendus dans l’attente de la validation des organisations cibles ».
Par ailleurs, précise cette circulaire, l’Etat déconcentré pourrait avoir vocation à sortir gagnant de toute ceci car « une réflexion sur la réallocation des ressources de communication entre l’échelon central (direction centrale de communication, direction centrale métiers, opérateurs sous tutelle) et déconcentré sera menée pour atteindre l’objectif de renforcement de la communication territoriale.»
Source :
Circulaire du Premier Ministre, 4 octobre 2025, n° n° 6506/SG, NOR : PRMX2529218C


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