Voici le plan biodiversité du Gouvernement, ambitieux, fruit d’arbitrages délicats… mais attaqué à droite comme à gauche

Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire a présenté hier son Plan biodiversité, lors du premier comité interministériel présidé par le Premier ministre. La lutte contre l’érosion de la biodiversité s’en trouve érigée au rang de priorité de l’action du gouvernement au même titre que la lutte contre le changement climatique.

Ce plan est articulé autour de 6 axes thématiques :

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Qui se déclinent en

  • 24 objectifs
  • 90 actions pour la biodiversité

 

Voici ce plan et, donc, voici ces 90 actions :

 

… et voici la réaction mi-figue mi-raisin de la FNE (voir ici), que nous trouvons fort sévère.

Quant à l’AMF elle attaque à boulets rouges sur le Ministre vert (voir ici) y voyant un texte lourd de contraintes, là où les environnementalistes forment, à grand coup de philippiques, un reproche inverse…

Alors que chacun se fasse son opinion et lise ces 90 actions…

Pour ce qui concerne les collectivité, citons les actions suivantes :

  • [Action 2] Nous valoriserons les collectivités qui prennent en compte la biodiversité dans la gestion des espaces publics. Pour cela, nous travaillerons avec les acteurs du tourisme pour faire évoluer les critères du concours Villes et Villages fleuris afin d’y renforcer la place de la biodiversité. Par ailleurs, nous déploierons dans les territoires les labellisations Terre saine (commune sans pesticides) et Écojardins (gestion écologique des espaces verts).

  • [Action 3] Nous accompagnerons 1000 collectivités locales d’ici à 2022 pour qu’elles deviennent des Territoires engagés pour la nature. Nous les encouragerons à améliorer leur résilience face aux changements climatiques et à renforcer l’intégration des enjeux de biodiversité dans toutes les composantes de l’aménagement. Nous intégrerons un volet nature dans les contrats que portera la future Agence nationale de la cohésion des territoires (CPER, contrats de ruralité, contrats de réciprocité avec les métropoles, etc.). Pour la prochaine génération de CPER, l’État demandera aux Régions et aux collectivités ultramarines d’y consacrer un pourcentage minimum et demandera aux agences de l’eau d’être parties prenantes de l’initiative. Grâce à l’animation et l’ingénierie territoriale, nous inciterons les élus à proposer des projets de territoire ambitieux, associant l’ensemble des acteurs.

  • [Action 4] Nous déploierons les solutions fondées sur la nature dans l’ensemble du territoire. Nous organiserons avant la fin de l’année 2018, avec les assureurs, un colloque dédié au rôle des solutions fondées sur la nature. L’objectif est d’évaluer le rôle possible des compagnies d’assurance pour la réduction des risques associés au changement climatique. Nous expérimenterons dans 20 territoires pilotes, d’ici à 2025, des solutions innovantes d’adaptation des territoires au changement climatique. Il s’agira de tester sur le terrain et à grande échelle des solutions fondées sur la nature pour développer la résilience des territoires, notamment face aux inondations. Cela constituera une priorité des agences de l’eau dans le cadre de leur intervention dans les territoires et nos opérateurs mobiliseront à cet effet des fonds européens.

  • [Action 5] En 2019, nous renforcerons le cadre d’action pour la préservation et la restauration des zones humides. Pour cela, nous lancerons dès 2018 une mission parlementaire d’évaluation des causes de la disparition persistante de ces milieux.

 

A noter les ambitions en matière de limitation de la  « consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette » :

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Ensuite, on a de nombreuses actions en matière de réduction ou de suppressions du recours au matières plastiques. 

 

Puis des volets agroécologie, pollutions lumineuses, de création de nouvelles aires protégées (là il y a du recyclage dans les annonces c’est vrai…), des volets formations, entreprises, quelques annonces ultramarines, des réformes à propos des espèces invasives, de l’AFB, etc.

 

Bref un plan ambitieux selon nous au regard des politiques passées (qu’on le veuille ou non la loi d’août 2016 était par exemple très, très « techno » et ne portait que peu, en fait, sur les causes immédiates), et en l’état des arbitrages délicats à opérer, et ce quoiqu’on en dise avec plus ou moins de bonne foi de ci ou de là.